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Comment voit un enfant dyslexique quand il lit ?
Comment voit un enfant dyslexique quand il lit ?
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Comment voit un enfant dyslexique quand il lit ? Découvrez les mécanismes mis en jeu et les stratégies pour l’aider à améliorer sa lecture.
La dyslexie est un trouble des apprentissages qui touche la lecture et l’écriture. Elle est le trouble emblématique dans la grande famille des dys. Elle est reconnue comme un handicap. Mais son invisibilité la rend parfois mystérieuse pour celles et ceux qui sont à l’aise à l’écrit. Elle est souvent réduite à une vision des lettres inversées, déformées ou confondues. Et les chercheurs ont longtemps cru que le problème venait uniquement des yeux. C’est pourquoi certains ont même mis au point des lunettes et autres supports d’aide censés déjouer les pièges lors de la lecture. Mais alors, comment voit un enfant dyslexique quand il lit ? Quelle place la vue a-t-elle dans ce trouble ? Mettons-nous quelques instants à sa place.
La dyslexie est un trouble spécifique du langage et des apprentissages (TSLA). L’intelligence est normale, voire très bonne, mais les circuits neuronaux habituels fonctionnent différemment.
La dyslexie touche avant tout le traitement phonologique, c’est-à-dire la manipulation des sons dans la langue. La façon dont le cerveau traite et comprend les sons (les phonèmes) fait défaut. C’est la partie immergée de l’iceberg. Pourtant, ce que l’on retient de la dyslexie, c’est la confusion des lettres. C’est la partie visible de l’iceberg.
Pour prendre un raccourci, l’enfant est ralenti par une perception erronée des phonèmes. Le jeune dyslexique fournit un effort de déchiffrage ou d’encodage pour associer un symbole au son qu’il produit. La difficulté grandit lorsque ces sons se combinent en syllabes (conscience syllabique), en mots, en phrases puis en texte. Quelques cas de dyslexie ont uniquement une difficulté visuelle et non phonologique.
Restons encore quelque temps à la préhistoire. À cette époque, distinguer un tigre à dents de sabre sous toutes les coutures est particulièrement utile. La réactivité et la mise en action sont les bienvenues (fuir !). Mais quel est le lien entre ce tigre et la lecture ? Des recherches montrent que le cerveau distingue le haut et le bas (notion de verticalité). Mais il n’intègre pas spontanément la gauche et la droite. Pourquoi ? Pensez aux prédateurs : qu’ils viennent de la droite ou de la gauche, le danger est identique !
De la même façon, nous sommes capables de reconnaître nos proches sous tous les profils. La plupart des éléments qui nous entourent répondent sans problème à cet effet miroir. Sauf les lettres. Spontanément, le cerveau de l’enfant les traite en miroir. Avec beaucoup d’entraînement, les aires visuelles se spécialisent pour reconnaître l’orientation des caractères. Progressivement, elles sont capables de les associer à un son du langage. Les enfants leur attribuent des valeurs (nom, son) et les assemblent. Ce modelage des aires du langage se produit quand l’apprentissage de l’écrit se déroule facilement. Au contraire, l’enfant dyslexique lit en faisant des erreurs. Par exemple, il confond les signes graphiquement proches (le b et le d, le p et le q) ou il les inverse.
À l’échelle humaine, l’apparition de l’écriture est très tardive. Il faut partir de 3 300 ans avant notre ère pour remonter aux premières traces écrites. Avant, l’homme préhistorique communique avec des dessins et des peintures. L’aire du langage s’est développée en même temps que l’évolution de l’homme. Mais notre cerveau, comme celui de nos ancêtres, n’a pas prévu de zones spécifiques pour le langage écrit. C’est ce que Stanislas Dehaene appelle le recyclage neuronal. En pratique, nous détournons certaines zones pour lire et écrire, notamment celles dédiées à la reconnaissance des formes et des images. C’est l’incroyable plasticité neuronale qui permet cette récupération.
Lire un texte ou faire une dictée pour un enfant présentant des troubles des apprentissages est un véritable challenge. Toutes les étapes habituellement automatisées ne le sont pas pour lui.
En lecture, il se concentre pour :
Lors du passage à l’écrit, il fait attention à :
Chaque tâche est découpée et lui demande une application intense. Une journée d’école ressemble à un véritable parcours olympique, sans les honneurs.
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Maintenant que les grandes lignes de ce trouble spécifique du langage écrit sont posées, abordons leurs effets sur la vision pendant la lecture.
Un lecteur habituel déplace ses yeux sur des groupes de 7 à 9 lettres autour du point de fixation (empan de lecture). Et il continue à balayer le texte du regard pour assembler les syllabes, recomposer les mots et en dégager le sens global. Arrivés au bout, ses yeux font un retour au début de la ligne suivante. Une fois que la lecture devient plus experte, il n’a même plus besoin de déchiffrer tout le mot. Seuls quelques caractères suffisent à l’identifier.
Pour un lecteur dyslexique, ce balayage est beaucoup plus complexe. Il voit chaque signe l’un après l’autre. Son empan de lecture est limité. Il a des mouvements oculaires instables avec des saccades régulières et des retours permanents (rétros-saccades). Il enchaîne des allers-retours sur les mots pour vérifier la conversion graphème/phonème. Son avancée dans le texte est lente et laborieuse. Il concentre toute son attention disponible sur la tâche, ses yeux tremblent. Son application à lire empêche l’accès au sens. Il s’épuise.
Nous l’avons vu, la vision en miroir tend de nombreux pièges à l’enfant présentant un trouble du langage écrit. Au premier plan, nous retrouvons la fameuse confusion des signes proches. Les graphèmes tels que b/d, p/q et même m/n ou t/f se mélangent. Les parents et les enseignants interrogent alors un trouble dys.
Comme si cette difficulté ne suffisait pas, il y a une fragilité du traitement phonologique. L’enfant dyslexique n’a pas d’association stable image/son, ce qui complique sa lecture et son écriture. Les lettres dont le son est proche augmentent les erreurs d’identification et de discrimination. On retrouve ici les confusions des consonnes dites sourdes et sonores (f/v, t/d, p/b, c/g). Des applications en ligne proposent des simulateurs de lecture avec une dyslexie. On y voit des mots qui dansent rendant le déchiffrage très laborieux, voire impossible. Les caractères bougent et s’inversent. Certains passent inaperçus. Est-ce que ces simulateurs représentent fidèlement la vision d’un enfant dyslexique ? Il est difficile de répondre avec certitude. Quoi qu’il en soit, ils ont le mérite de nous mettre face aux défis et aux difficultés de la dyslexie.
Tous ces efforts (balayage de la page avec rétros-saccades, déchiffrage et compréhension) compliquent l’immersion dans le texte. Les mots, les phrases, les lignes et tous les signes de ponctuation finissent par représenter une masse. Toute l’énergie du lecteur dys passe dans le déchiffrage du texte. À cela s’ajoute la distance entre les unités (lettres, mots, signes de ponctuation). L’espace entre les lettres ou les mots n’a plus de sens. Le découpage syllabique des mots hache la lecture. Le texte joue à l’accordéon. Tantôt, les graphèmes s’unissent, tantôt, ils s’éloignent. Entre les deux, l’enfant dyslexique voit le document comme un bloc, une masse récalcitrante.
Ces dernières années, des lampes et des lunettes pour la dyslexie ont fleuri sur le marché. Ces dispositifs d’aide à la lecture intègrent une lumière stroboscopique qui prend le relais de l’œil directeur supposé déficient. Certains enfants porteurs de dyslexie apprécient ce soutien pour lire. Mais la plupart des professionnels de santé, les orthophonistes, comme les ophtalmologues, les considèrent comme des gadgets. Aucune étude fiable n’a prouvé leur utilité.
Néanmoins, il reste indispensable de tester la vue de son enfant dys. Une vue faible ou des troubles moteurs compliquent parfois l’activité de lecture. Des séances de rééducation en orthoptie peuvent soulager la suractivité oculaire. Les troubles de la vue ne sont pas à exclure, mais ils ne sont pas à l’origine de la dyslexie.
L’attention visuelle de l’enfant est indispensable dans l’apprentissage de la lecture. Elle contrôle l’orientation de la prise d’informations et guide les mouvements des yeux. L’œil identifie les lettres composant les mots et le cerveau recense tout ce qu’il sait (les représentations orthographiques, phonologiques et sémantiques). En bref, il décode les mots, les reconnaît et leur donne du sens. Nous l’avons vu, l’œil ne peut identifier que quelques mots à la fois (l’empan de lecture).
Certains enfants dyslexiques ne sont pas capables d’organiser ces informations. On parle de déficit de l’empan visuo-attentionnel. C’est un peu comme si les caractères occupaient tout leur champ visuel en créant des interférences. Les orthophonistes parlent d’encombrement perceptif (crowding, en anglais). La quantité d’éléments à traiter devient colossale. Ils peinent à identifier les signes (inhibition de l’attention focale) et doivent se concentrer sur les lettres les unes après les autres. Leur empan de lecture est donc particulièrement restreint et les mouvements de l’œil sont instables.
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Puisqu’un enfant porteur de troubles spécifiques des apprentissages est soumis à des efforts permanents, pourquoi ne pas supprimer la lecture ? Ce serait sous-estimer la plasticité neuronale dont il fait preuve et les différentes possibilités de rééducation.
En première intention, le bilan et le suivi chez une orthophoniste sont essentiels. Mais ils ne suffisent pas. Comme le chemin neuronal emprunté est différent, les méthodes doivent l’être aussi. En classe, des aménagements sont proposés. Différents dispositifs d’aide scolaire les formalisent. Une reconnaissance de handicap est parfois nécessaire. Elle peut ouvrir des droits à un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) ou à du matériel pédagogique.
Un délai supplémentaire est également possible pour laisser le temps à l’enfant dyslexique d’effectuer la tâche demandée. Et lorsque l’écrit n’est pas la compétence initiale, des alternatives doivent être proposées pour ménager sa confiance en lui, notamment lors des évaluations.
La quantité de texte est une des bases de l’adaptation pédagogique. La fatigabilité de l’enfant dyslexique ne lui permet pas de traiter autant d’informations que ses camarades. Voici quelques adaptations pour soulager l’encodage :
En déchiffrage, les aménagements portent notamment sur :
Les applications et les outils numériques offrent de nombreuses possibilités. Ils soulagent l’effort de l’enfant, mais ils participent aussi à la rééducation de la dyslexie. Des études cliniques ont notamment démontré l’efficacité des approches multimodales avec stimulation auditive, visuelle et motrice. Le jeu pédagogique Poppins utilise l’impact de la musique sur les troubles dys. Plus l’approche stimule différentes zones du cerveau, meilleure est la plasticité neuronale. Et puisque le chemin habituel n’est pas possible, autant emprunter une autre voie.
Les tablettes et les ordinateurs offrent des utilisations complémentaires. Citons par exemple :
Les outils numériques ont également l’avantage d’être attrayants et stimulants. Ils permettent une rétroaction immédiate sur les actions menées (feedback positif), ce qui encourage l’apprentissage et stimule la motivation.
Il y a probablement autant de visions différentes qu’il y a de personnes présentant des spécifiques du langage écrit. Néanmoins, se demander comment voit un enfant dyslexique facilite la compréhension de ce handicap invisible. Non, les lecteurs dys ne manquent pas de motivation ou de persévérance. Ils font face à des défis pluriels, de la réception des sons à leur conversion en lettres et inversement. Lire avec une dyslexie signifie déjouer les pièges d’une représentation en miroir et supporter de multiples saccades oculaires. Aucun dispositif magique ne résout ces difficultés de lecture et d’écriture. Mais tous les aménagements mis en place sont des alliés précieux à la rééducation orthophonique. Le premier élément à ne pas perdre de vue est la préservation de l’estime de soi et la valorisation des capacités.
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