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Valoriser les progrès d’un enfant dys : aller au-delà des notes

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Valoriser les progrès d’un enfant dys : aller au-delà des notes

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Valoriser les progrès d’un enfant dys : aller au-delà des notes

Valoriser les progrès d'un enfant dys avec une approche éducative qui encourage ses efforts, favorise sa motivation et préserve sa confiance.

Comment valoriser les progrès d’un enfant dys au-delà des notes scolaires ?

Valoriser les progrès d’un enfant dys devrait aller de soi. Les parents comme les professionnels s’accordent sur l’importance d’encourager ses avancées. Pourtant, les difficultés quotidiennes en classe et le décalage avec les attendus scolaires transforment cette louable intention en véritable mission. Les troubles du neurodéveloppement impactent tellement les apprentissages qu’ils occupent tout l’espace. Les obstacles et les attentes masquent alors les avancées, parfois petites mais bien présentes. Comment faire ce pas de côté ? En changeant de regard sur le parcours de l’enfant pour reconnaître et mettre en valeur ses réussites, même les plus discrètes.

Pourquoi les notes ne suffisent pas à mesurer les progrès d’un enfant dys

Les troubles du neurodéveloppement perturbent l’accès aux apprentissages de base : parler, lire, écrire, compter, coordonner ses gestes, rester attentif, sans que cela soit expliqué par un déficit sensoriel ou cognitif. C’est pourquoi les notes masquent une partie des compétences réelles de l’enfant.

Évaluation et valorisation : deux postures, deux effets

Le système de notation, qu’il soit chiffré ou coloré, est largement utilisé pour mesurer les compétences et les performances des élèves. Pourtant, il ne montre pas tout le potentiel des enfants présentant un trouble dys. Pour mesurer les acquis, le système scolaire situe chacun sur une courbe d’apprentissage. Les résultats permettent de répondre le plus près possible aux besoins, à condition que l’évaluation scolaire de l’enfant dys ait été adaptée à son trouble. La valorisation, elle, consiste à déplacer le regard sur ce qui a été acquis. Il ne s’agit pas de vérifier la validation d’un niveau, mais d’observer le chemin parcouru.

Prenons l’exemple d’un élève de CP qui ne parvient pas à lire des mots simples aux évaluations nationales (lama, vélo, moto, café). Il est en retard par rapport à son groupe classe. Son évaluation met en évidence des besoins particuliers. Néanmoins, il a progressé depuis la rentrée de septembre. Il sait désormais distinguer le nom de la lettre du son qu’elle produit (correspondances graphophonologiques) et il parvient à écrire des syllabes simples. Ces étapes sont indispensables pour apprendre à lire et doivent être mises en avant.

Les limites des notes pour mesurer les apprentissages

Les notes sont une sorte de baromètre. Elles donnent des repères par rapport à une norme : la classe, un niveau scolaire. Elles servent à mesurer un niveau et à comparer. Seulement, nous avons tendance à regarder le chiffre, la couleur, la lettre en oubliant l’essentiel : le cheminement. Une nuance qui replace l’épreuve dans un contexte : l’enfant était-il en forme ce jour-là ? Ou plutôt stressé ? Le résultat est-il en phase avec ce qu’il fait habituellement ?

La notation traduit un résultat alors qu’il est indispensable d’apprécier le chemin parcouru par les élèves, dys ou non. Les contrôles valident un achèvement et non le processus lui-même. Pourtant, l’évaluation est au service de l’apprentissage. Bien sûr, les enseignants connaissent leurs élèves et savent décrypter ce qui se cache derrière un succès ou un échec. Mais on s’arrête souvent au résultat : la note. Une appréciation chiffrée qui rassure ou inquiète et qui passe à côté de l’essentiel : qu'est-ce qui reste difficile à travailler ?

L’impact de la reconnaissance sur la motivation et l’estime de soi

Pour apprendre, tous les élèves ne partent pas du même endroit. Certains avancent avec facilité et sous-exploitent parfois leur potentiel. D’autres déploient des efforts colossaux pour des résultats en dessous de leurs attentes, notamment les élèves présentant des troubles dys. C’est tout l’enjeu de mettre l’accent sur le chemin accompli et le travail fourni.

Steve Masson, neuroscientifique, démontre justement comment la motivation vient grâce à la réussite. Et non l’inverse. Alors, l’enfant s’engage ensuite dans la tâche avec plus de détermination. On ne décide pas d’être motivé, on le devient. Favoriser la motivation de l’enfant dys part donc de sa capacité à réussir et à le percevoir. La note peut lui renvoyer un échec là où l’encouragement de ses progrès et de son cheminement renforce son estime de soi.

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Valoriser les progrès d’un enfant dys efficacement

Les apprentissages demandent une attention particulière à tous les enfants, mais tous ne sont pas égaux face à la quantité de travail à fournir. Évidemment, les enfants dys sont directement pénalisés par leurs troubles. Une fatalité ? Non. Différentes approches permettent de déjouer ces pièges de l’estime de soi.

Encourager l’effort, pas le résultat : une différence qui change tout

Certaines méthodes basent leur pédagogie sur la valorisation des processus d’apprentissage. Les recherches de Carol Dweck et Claudia Mueller ont d’ailleurs démontré les effets positifs sur les performances d’enfants complimentés pour leurs efforts et non pour leur intelligence. En mathématiques, la méthode Singapour s’organise autour de ce modèle qui peut s’étendre à d’autres domaines. Ici, les activités prennent en compte le travail fourni (l’effort opérationnel), les stratégies employées (l’effort cognitif), le respect et la coopération (l’effort socioémotionnel). 

Mettre en valeur les progrès, tous les progrès

Les apprentissages des enfants présentant des troubles dys doivent être découpés en paliers. Plutôt que de rester focalisé sur l’objectif final (savoir lire une phrase, poser une addition, etc.), il est nécessaire de le diviser en sous-objectifs. Ce qui est rapidement automatisé pour un enfant sans difficulté ne l’est pas pour un enfant dys. Fractionner le processus d’apprentissage en étapes encourage ses micro-progrès dont les effets sont fondamentaux pour acquérir et consolider les compétences clés. Par exemple, pour un enfant dyslexique qui apprend à lire, avant d’arriver à la lecture d’une phrase, on peut reconnaître successivement : 

  • la correspondance entre les lettres et les sons ;
  • la lecture de syllabes simples ;
  • la lecture de mots de deux syllabes.

Élargir le regard : au-delà des matières scolaires, quelles forces reconnaître ?

La vie ne s’arrête pas au pied de la classe ni aux matières scolaires. L’enfant dys a besoin de mettre en avant ses qualités : sa créativité, son empathie, sa persévérance, son humour, ses compétences sociales. Et elles ne sont pas anecdotiques, elles sont des forces pour surmonter les difficultés. Ces soft skills englobent le savoir-être et le savoir-faire, de véritables atouts à cultiver. Faire face aux troubles dys développe des qualités dont il ne faut surtout pas se priver.

Adapter le rythme : ne pas confondre lenteur et difficulté 

Les situations de double tâche cognitive avec des troubles dys sont fréquentes. L’enfant déploie une attention soutenue qui génère une fatigue importante. Il est ralenti dans l’exécution des tâches, s’épuise et peut se décourager. Cette nécessité d’avoir un temps supplémentaire n’est pas un « déficit » en soi, mais une modalité d’apprentissage différente dont lui et son entourage doivent être conscients. L’accepter facilite les adaptations et lui permet d’avancer sans être jugé.

Transmettre l’idée que l’intelligence se développe : l’état d’esprit dynamique

L’intelligence n’est pas fixe. Elle évolue, s’enrichit, se développe et se nourrit des expériences. La psychologue américaine Carol Dweck parle d’état d’esprit dynamique. Cette confiance dans le développement de nos capacités est fondamentale pour les dys. Grâce à cette plasticité cérébrale, chacun progresse, tout particulièrement les plus jeunes, mais également tout au long de la vie.

Aider l’enfant à réfléchir sur sa manière d’apprendre : la métacognition 

Les neurosciences nous aident à mieux comprendre comment fonctionne notre cerveau. La métacognition a été introduite par le psychologue du développement John Flavell. Elle désigne la connaissance et la conscience de notre fonctionnement cognitif. Ainsi, on peut aider un enfant à se demander : 

  • « Qu’est-ce qui t’a aidé à comprendre ? »
  • « Comment as-tu fait pour te souvenir de ça ? » 
  • « Quelle stratégie as-tu utilisée ? » 

La métacognition aide donc à identifier les mécanismes d’apprentissage, leur fonctionnement et elle facilite l’utilisation d’aides et de stratégies efficaces : conscience, compréhension, régulation.

Éviter que le trouble devient l’étiquette de l’enfant 

Définir l’enfant dyslexique par ses troubles l’enferme dans ses difficultés. On ne le répètera jamais assez : l’enfant n’est pas son trouble. Si on parle de « personne dys », c’est par facilité de langage. Il est plus juste de parler de personnes présentant des troubles du neurodéveloppement. Faire cette distinction permet d’isoler les difficultés de sa personnalité et de son intelligence. 

Créer des moments de réussite en dehors du cadre scolaire

Les leçons, les séances d’orthophonie et de rééducation prennent rapidement tout l’espace de vie. Et comme l’enfant porteur d’un trouble dys a besoin de plus de temps pour réaliser les tâches, il lui en reste peu pour ses loisirs. Or, les enfants dys ont besoin de sas et de temps de repos. Les jeux libres, le sport, les loisirs créatifs, la vie de famille ont un double avantage. Ils offrent un peu de répit dans un parcours de santé épuisant, et ils cultivent le plaisir et les talents (nombreux !) de l’enfant.

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Éviter les pièges qui nuisent à l’estime de soi de l’enfant

Pour valoriser les réussites d’un jeune dys, certaines erreurs sont évidentes : le dénigrement ou le manque d’empathie, par exemple. Mais d’autres pièges sont plus insidieux, relevant de ce qu’on pourrait appeler les « faux amis ».

Pourquoi trop de compliments peut nuire à la motivation

Pour apprendre, l’élève doit vérifier si ce qu’il fait est correct, c’est le feed-back. Il lui donne un retour sur ce qu’il a acquis ou ce qu’il doit encore travailler. De nombreux outils pour la dyslexie et les troubles dys, comme Poppins, utilisent cette boucle de rétroaction pour renforcer les apprentissages. Les encouragements valident les succès et stimulent la motivation de l’élève. Face aux difficultés rencontrées, il est tentant d’accentuer les retours positifs. Le piège tient dans le « trop de bravos » qui finit par sonner faux. La survalorisation comporte deux inconvénients de taille : 

  1. Elle renvoie à l’enfant une image faussée de lui-même qui risque de perturber sa perception de la réalité et son engagement dans la tâche.
  2. Elle rend l’enfant dépendant des compliments et l’empêche de développer son autodétermination, un processus de mise en action nécessaire à la motivation.

Les chercheurs Eddie Brummelman et & Constantine Sedikides ont réalisé des études qui montrent qu’il est nécessaire de distinguer l’estime de soi et le narcissisme. Pour cela, ils encouragent : 

  • les retours réalistes (cf. les micro-progrès à valoriser) ; 
  • la croissance personnelle (plutôt que le dépassement des autres) ; 
  • le respect inconditionnel (on aime et valorise son enfant pour qui il est, et non pour ses résultats). 

Éviter les comparaisons, entre enfants, mais aussi avec un « enfant idéal »

Dans une fratrie, il est légitime de vouloir comparer ses enfants, car leur évolution donne des repères au sein de la famille. De la même façon, observer les cousins et cousines ou les enfants présents dans son cercle d’amis fournit des indicateurs. Mais le risque est de transformer ces observations en norme. Les autres deviennent une référence, un objectif de développement à atteindre pour que tout se passe bien. 

Avoir un enfant présentant un trouble du neurodéveloppement, c’est aussi renoncer à l’enfant idéal. Celui que l’on avait imaginé pendant la grossesse ou ses premières années. Comparer son enfant avec ses frères et sœurs, ou ce qu’il aurait pu être, déconstruit petit à petit son identité. Pour développer la confiance en soi de son enfant dys, il est préférable de comparer ses progrès sur l’année scolaire, par exemple. Mettre en lumière ce qu’il ne savait pas faire à l’automne et ce qu’il réussit quelques mois après nourrit sa motivation et célèbre ses réussites.

Rester vigilant face à la dépendance aux encouragements

Les obstacles auxquels sont confrontés les enfants dys sont tellement lourds qu’ils finissent par se décourager. Pour prévenir le décrochage scolaire avec un trouble dys, il est nécessaire d’organiser un accompagnement adapté aux besoins de l’enfant. En plus des aides pédagogiques et du suivi avec un professionnel de santé, l’environnement familial est important pour soutenir l’enfant. Nous l’avons vu, les encouragements favorisent une bonne estime de soi. Il est tentant de les multiplier pour rééquilibrer la balance entre les difficultés assommantes et les avancées souvent invisibles de l’entourage.

Ces compliments et ce soutien sont capitaux. Et pour que leur portée soit augmentée, les adultes doivent aider l’enfant à travailler son autodétermination. Cette capacité décrite par Edward L. Deci et Richard Ryan montre que la motivation et l’engagement de l’élève s’équilibrent entre : 

  1. la motivation extrinsèque, qui est une réponse à l’environnement extérieur (encouragements, reconnaissance, notes) ;
  2. la motivation intrinsèque ou l’autodétermination, qui vient de l’individu et répond au plaisir de faire (apprentissage, progression, satisfaction, autonomie). 

Cet équilibre prévient le risque de rendre l’enfant dépendant à la validation externe. Il lui permet d’être acteur de ses apprentissages et de se saisir pleinement des encouragements.

Ce qu’il faut retenir…

Valoriser les progrès d’un enfant dys se construit au quotidien, en créant un environnement propice à la reconnaissance de ses réussites, même les plus petites. Les échanges réguliers entre les parents, les enseignants et les professionnels de santé assurent la cohérence de cet accompagnement. Pour engager sa motivation, l’enfant doit être régulièrement encouragé et reconnu à chaque fois qu’il maîtrise un nouveau palier d’apprentissage. Avec la métacognition, les neurosciences donnent des repères précis pour comprendre quels sont ses besoins et comment il peut y répondre. L’aider à identifier ses difficultés et à pouvoir se représenter ses avancées sont de véritables appuis pour que l’enfant progresse et prenne confiance en lui.

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