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https://www.poppins.io/blog/quand-consulter-un-psychologue-pour-un-enfant-dyslexique

Manuella Georget
06
/
07
/
2026
Temps de lecture : x mn

Quand consulter un psychologue pour un enfant dyslexique ? Découvrez son rôle dans la prise en charge en complément de l'orthophoniste.
La dyslexie ne se limite pas aux apprentissages, elle fragilise souvent le bien-être émotionnel. Selon les études, 69 % des enfants concernés présentent une anxiété. Une sorte de cercle vicieux où les difficultés en lecture fragilisent le parcours scolaire et augmentent le stress comme les inquiétudes. L’enfant dys est comme pris dans un étau. C’est pourquoi l’accompagnement d’un psychologue auprès d’un enfant dyslexique vient généralement en soutien et en complément de la rééducation avec l’orthophoniste.
La dyslexie est un trouble de la lecture qui affecte la reconnaissance des lettres et des sons. Mais lire lentement et confondre des lettres ne sont pas les seules conséquences. Ce trouble spécifique du langage et des apprentissages impacte aussi les émotions et la confiance en soi des enfants dys.
Certains signes doivent alerter les adultes, parents et enseignants : dévalorisation systématique, refus d’essayer, peur excessive de l’erreur ou abandon rapide face à la difficulté. À la maison, cela peut se traduire par des phrases comme « je suis nul », « je n’y arriverai jamais ». À l’école, l’élève peut s’opposer, refuser de participer à certaines activités par peur d’échouer ou bien s’isoler.
Les troubles anxio-dépressifs, comme la dépression, sont fréquents chez les dys. La répétition des difficultés en classe ou encore les nombreux efforts fournis pour de faibles résultats finissent par altérer leur estime de soi. Ils sont persuadés d’être incapables de réussir.
Les échecs constants génèrent chez eux un découragement qui les conduit à mettre en place des stratégies d’évitement pour se protéger. Tout est prétexte pour ne pas faire les leçons du soir ou pour lire à haute voix en classe parce que ces moments sont des sources de souffrance.
Les enfants dys mettent en place tout un système pour préserver leur sentiment de compétence. Quand leurs efforts ne suffisent plus, ils finissent par se résigner et penser qu’ils sont incapables de réussir, même dans leurs loisirs.
Une étude de 2010 de Jason Nelson et Hannah Harwood montre qu’environ 70 % des dys sont plus anxieux que les autres. Ces chiffres ont été confirmés en 2022 par le Centre régional de diagnostic des troubles d’apprentissage (CRDTA) de Lille. Les chercheurs parlent des troubles anxieux chez les enfants et adolescents dyslexiques comme d’une « double peine ».
Ces désordres se manifestent par des symptômes somatiques : pleurs, maux de ventre, angoisse et panique. Certains enfants demandent régulièrement à rester à la maison, mettent beaucoup de temps à se préparer le matin ou ont envie de vomir avant d’aller à l’école.
Non seulement le rapport à l’écrit de ces jeunes est fortement perturbé, mais ils se sentent débordés par leurs émotions. L’élève dys finit par :
L’absentéisme ou encore le décrochage scolaire peuvent même s’installer.
Le harcèlement scolaire se définit comme le fait de « faire subir de manière répétée à un camarade des propos ou des comportements négatifs, voire violents » (Éducation.gouv.). Les conséquences sur la santé mentale sont considérables (repli sur soi, évitement scolaire, dépression).
Les différences sont idéales pour stigmatiser l’autre, comme c’est le cas avec les troubles du neurodéveloppement. Les études estiment que 6 enfants sur 10 harcelés ont un ou plusieurs troubles dys. Ne pas savoir lire comme les autres, faire des fautes à l’écrit, être plus lent ou maladroit sont autant de motifs de moqueries, de dénigrement et d’attaques.
C’est pourquoi les adultes doivent rester vigilants pour intervenir dès les premiers signes. Agir précocement donne un signal aux harceleurs et protège les victimes en limitant les impacts psychologiques.
Une consultation avec un psychologue est indispensable lorsque l’enfant perd progressivement confiance en lui. Lorsqu’il développe une anxiété importante, refuse certaines activités ou manifeste une souffrance émotionnelle durable liée à son trouble spécifique du langage et des apprentissages. À ce moment précis, l’objectif n’est pas de traiter les difficultés de lecture, mais leurs répercussions sur le bien-être et le développement de l’enfant.
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Le psychologue n’intervient pas directement sur la rééducation de la lecture. Son rôle consiste à accompagner les conséquences émotionnelles de la dyslexie, en complément du travail de l’orthophoniste.
Le thérapeute aide l’enfant à mieux comprendre ce qu’il ressent, à exprimer ses émotions et à retrouver confiance en lui. Cet accompagnement est particulièrement important lorsque les difficultés fragilisent l’estime de soi ou génèrent une forte anxiété.
Cette approche est d’ailleurs préconisée par la Haute Autorité de santé (HAS) dans ses recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) dans les troubles du neurodéveloppement. La HAS conseille :
Cette prise en charge permet à l’enfant de bénéficier d’une aide plus personnalisée, centrée sur son bien-être émotionnel autant que sur ses difficultés d’apprentissage.
Le bilan psychométrique est un test normé réalisé par un psychologue clinicien. Souvent appelé test de QI (quotient intellectuel), il permet de mieux comprendre le fonctionnement cognitif, le raisonnement, les fragilités, mais aussi les points forts. Il peut être complété par une évaluation de l’attention ou des fonctions exécutives, fréquemment fragilisées chez les enfants dys.
Ce test est systématiquement demandé par la MDPH lors d’une demande de reconnaissance de handicap pour une dyslexie. Le bilan révèle le fonctionnement global de l’élève tout en repérant ses points d’appui et les besoins de compensation.
Puisque les troubles dys sont associés dans 40 % des cas, alors un suivi pluridisciplinaire paraît indispensable. Ici aussi, la HAS recommande cette approche complète.
Le parcours de soins nécessite une coordination des actions médicales, paramédicales, psychologiques, pédagogiques, sociales et bien entendu familiales. C’est cette cohérence qui permet d’organiser le suivi de manière efficace, surtout lorsque les troubles sont sévères ou complexes.
Un projet de soin global doit pouvoir s’articuler autour de professionnels comme :
Chaque professionnel de santé ou de l’éducation intervient comme un réseau de partenaires qui agit au service du bien-être de l’enfant.
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Apprendre, ce n’est pas seulement mémoriser des connaissances et développer des compétences. C’est aussi prendre confiance en soi, construire son autonomie et se sentir capable de réussir.
Certains adultes craignent parfois qu’un diagnostic de dyslexie pose une étiquette sur l’enfant ou le mette dans une case. Ils craignent qu’il se sente enfermé dans son diagnostic, ou qu’il s’en serve comme prétexte pour ne plus faire d’effort. C’est bien sûr tout l’inverse.
Nommer le trouble des apprentissages est perçu comme un soulagement chez les parents comme chez les enfants. Les difficultés portent un nom, elles s’expliquent par un mécanisme neuronal, indépendamment de l’intelligence et des efforts déployés.
Le travail avec un psychologue sur la dyslexie permet justement de remettre la dyslexie dans son contexte. D’expliquer pourquoi il est normal de ressentir de la tristesse, de la colère ou d’avoir peur d’échouer. Cet accompagnement met des mots sur ce que vit l’enfant pour l’aider à mieux comprendre pourquoi son quotidien est si difficile. Pourquoi il s’épuise si facilement. Et comment ne pas se définir au travers de ses difficultés.
Dans un webinaire consacré aux neurosciences de la motivation, Steve Masson rappelle que la réussite joue un rôle déterminant dans l’engagement des élèves. « Je réussis, donc ma motivation augmente ». Cette idée est particulièrement importante pour les enfants dyslexiques, dont le parcours scolaire est régulièrement jalonné d’échecs.
Développer la confiance en soi d’un enfant dys passe par des situations où chaque succès renforce l’envie de poursuivre les efforts. Les activités sont adaptées pour répondre à ses besoins et à ses particularités. À l’école, des aménagements sont mis en place et structurés dans des plans d’appui à la scolarité (PPRE, PAP, PPS). Mais parfois, certains les refusent pour « faire comme les autres » et ne veulent pas se sentir pointés du doigt. C’est alors tout l’intérêt de suivre une thérapie parce qu’elle permet de mieux accepter sa dyslexie et ses troubles associés.
L’enfant identifie ses besoins, exprime son ressenti pour mieux se saisir des aides proposées. Le thérapeute le guide et complète toute la rééducation avec l’orthophoniste et les autres professionnels. Il valorise ses progrès et ses points forts en classe ou dans ses loisirs. Le dessin et les activités artistiques ou encore le sport sont souvent des domaines de réussite pour les enfants dyslexiques. Et il est bon de leur rappeler qu’il n’y a pas de petit talent.
L’équilibre familial est chahuté lorsqu’un enfant est touché par un trouble spécifique des apprentissages. Les parents culpabilisent de n’avoir pas su identifier plus tôt les difficultés ou se sentent responsables parce qu’eux-mêmes ont une dyslexie ou un autre trouble dys. Les rendez-vous de suivi donnent également une cadence soutenue, parfois infernale, qui épuise et pèse sur toute la vie de famille.
L’accompagnement thérapeutique d’un enfant dyslexique apporte aussi des aides et des ressources à la famille. Il permet un espace de parole et d’échanges pour mieux comprendre les émotions, les colères ou les moments de repli. En plus du travail avec l’orthophoniste, il offre un soutien lors des équipes éducatives en apportant un éclairage différent sur le fonctionnement de l’enfant. Il rassure et conseille les parents. Son intervention permet de porter un autre regard en dehors des compétences scolaires.
Les troubles dys impactent durablement et largement la vie de l’enfant. C’est pourquoi, en complément de l’orthophonie, la mise en place d’un suivi avec un psychologue pour son enfant dyslexique est si importante. La répétition des difficultés et des échecs malmène son estime de soi. Il finit par perdre confiance en ses capacités, à se replier sur lui-même ou à s’opposer fermement aux adultes qui l’entourent. La dyslexie dépasse le simple cadre des apprentissages et nécessite une prise en charge pluridisciplinaire, une coordination du parcours de soins et de la scolarité. Accompagner un enfant dys, c’est aussi prendre soin de sa santé mentale et de son équilibre émotionnel.