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Dyslexie à l'adolescence : comprendre et accompagner son ado
Dyslexie à l'adolescence : comprendre et accompagner son ado
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Gérer la dyslexie à l'adolescence : aide aux parents pour identifier les signes, les outils et soutenir l'estime de soi de leur adolescent.
La dyslexie à l’adolescence préoccupe souvent les parents. Comment va-t-il suivre le rythme au collège ou au lycée ? Quelle orientation envisager ? Pourra-t-il poursuivre les études qu’il souhaite ? Derrière ces inquiétudes légitimes se cachent aussi de nombreuses idées reçues. Car même en grandissant, la dyslexie ne disparaît pas, elle évolue et les besoins changent. Cet article explore ce qui se joue réellement pour un adolescent dyslexique. Vous y trouverez des repères pour comprendre les spécificités des troubles dys lors de cette période charnière, déconstruire certains mythes et accompagner votre ado avec justesse. Entre enfance et âge adulte, tout est encore possible.
Dès l’école primaire, les parents d’un enfant dys se projettent sur la suite de sa scolarité. La rentrée en 6ᵉ, le passage du brevet, le choix d’un enseignement professionnel ou du lycée général forment un noyau de préoccupations. Et c’est sans compter les bouleversements hormonaux et émotionnels de leur futur ado.
À partir du CM1, les enfants glissent progressivement vers la préadolescence. Leur besoin d’indépendance grandit, ils s’affirment davantage et laissent plus de place à leur groupe de copains. Leurs modèles changent, les curseurs bougent. Ils sont encore des enfants, mais ne sont plus des petits. Ce n’est pas simple à appréhender pour eux, comme pour les parents. Mais qu’est-ce que ça change pour l’enfant dys ? Lui, comme sa famille, redoute encore plus son adaptation au collège avec les changements de professeurs et le travail en autonomie.
L’école offre un cadre rassurant et très ritualisé. Il y a un seul, voire deux enseignants, les besoins sont souvent identifiés depuis le début du primaire, les adaptations pédagogiques sont mises en place autant que possible. Tout est connu. Au collège, il va devoir passer de l’enfant accompagné à l’ado plus autonome. Pourtant, sa fatigabilité reste importante face aux doubles tâches. Il lit et écrit toujours lentement, il se fatigue vite. Il a encore besoin de temps et d’adaptations pour mener à bien son travail. À la maison, il réclame des repères pour s’organiser et une aide parentale pour réaliser ses devoirs. Malgré cela, le préado dys recherche de plus en plus à être « comme les autres ».
Il est important de garder à l’esprit qu’un enfant dys, même avec un suivi orthophonique, devient un ado dys. Les troubles des apprentissages ne disparaissent pas avec le temps. Les suivis et les aides permettent au jeune de mieux comprendre son fonctionnement et de mobiliser les outils pertinents. Ça, c’est dans le meilleur des mondes, celui où le diagnostic de dyslexie a été posé dès l’école primaire avec un aménagement de la scolarité.
Dans certains cas, l’enfant dys est passé inaperçu. Son trouble a été interprété comme une difficulté passagère. Il est devenu expert en stratégie de contournement et de compensation. Seulement, au collège, voire au lycée, ses stratégies ne suffisent plus. Les signes de dyslexie sont parfois indirects et se manifestent par :
La décompensation est, quant à elle, invisible : épuisement cognitif et perte de stratégies. Le diagnostic tardif de dyslexie intervient après l’analyse d’un faisceau d’informations, plus que par des difficultés de lecture ou d’écriture.
Envisager de réaliser un bilan orthophonique au collège ou au lycée, suppose de déconstruire les mythes qui voudraient que le jeune peut « s’appliquer », que « c’est passager » ou encore que « quand il veut, il peut ». Un ado dys qui compense épuise ses ressources, il ne les renforce pas. C’est pourquoi un bilan orthophonique peut s’envisager au collège ou au lycée. Il n’est jamais trop tard. Certains diagnostics sont même posés à l’âge adulte.
Dès lors que des fragilités en lecture ou en écriture persistent et que l’adolescent se fatigue vite, le regard d’un professionnel de santé est nécessaire. Après le repérage des professeurs ou de la famille, l’orthophoniste analyse la situation du jeune de manière globale. Lors de l’anamnèse, il l’interroge, lui et ses parents, sur son parcours, son comportement en classe, ses difficultés et son ressenti. Ensuite, des tests standardisés (adaptés aux capacités attendues à un âge donné) évaluent son niveau en lecture, en écriture, mais aussi sa mémoire ou son attention.
Observer le comportement d’un dyslexique fait partie du diagnostic. Après avoir dressé le profil du jeune dys, l’orthophoniste propose un accompagnement et oriente, si nécessaire, vers d’autres professionnels de santé (psychologue, neuropsychologue, psychomotricien).
L’une des particularités des adolescents dyslexiques tient dans ce mélange entre difficultés scolaires, construction identitaire et renforcement de la vie sociale. Cette période sensible doit rendre vigilant sans pour autant devenir alarmiste. Être ado et dys, ce n’est pas grave !
Il y a trois profils d’adolescents dyslexiques :
Dans le 1ᵉʳ cas, l’enfant a déjà bénéficié d’un suivi, il a pu tester des aides en classe. Dans le 2ᵉ cas, il a compensé ses difficultés sans avoir pu les nommer. Il se sent responsable et culpabilise de ne pas réussir comme les autres. Il compense fortement et redouble d’efforts ou se décourage vite. Dans le 3ᵉ cas, il a identifié un trouble auquel il associe toutes ses difficultés alors que ses besoins sont plus vastes. Les adaptations proposées sont insuffisantes et il se sent vite submergé.
Chacun de ces profils est différent, mais tous risquent d’alourdir leur charge cognitive et de se démotiver. En fin de collège ou de lycée, la tentation est grande de suivre une orientation scolaire ou professionnelle qui ne correspond pas à leurs envies. Deux écueils sont fréquents : survaloriser les longues études (« tu peux y arriver ! ») ou à l’inverse, choisir par dépit un CAP (« ce sera plus facile pour toi »). La seule approche qui a du sens est de faire évoluer les adaptations pédagogiques et la prise en charge aux besoins et à la réceptivité de l’ado dys. Une aide efficace est une aide qui est acceptée. Une orientation efficace est une orientation choisie.
L’adolescent voit ses repères bouleversés… et ses parents aussi. Il est souvent à fleur de peau. Les changements physiologiques entraînent fréquemment une léthargie (« flemme ! ») qui ralentit le jeune et énerve les adultes. Son corps est en pic de croissance et son cerveau continue à mûrir. Socialement, il change son cercle de référence. Il l’élargit de la famille aux amis, en passant par les réseaux sociaux.
L’une des principales difficultés de l’ado dys est le sentiment de décalage avec ses pairs, au moment où il cherche justement à consolider son sentiment d’appartenance. Il y a un risque réel de stigmatisation. Le harcèlement scolaire chez les dys est d’ailleurs plus important. Selon une enquête de la FFDys de 2019, sur 10 enfants victimes de brimades et de violences, 6 présentent un trouble du neurodéveloppement. L’explication est malheureusement simple : les différences sont le point de départ des attaques et des moqueries.
Un autre point de vigilance est l’anxiété de performance. Pour un adulte, un jeune « qui veut réussir » rassure. Pourtant, une volonté de réussir trop poussée augmente le stress, la fatigue, la perte de confiance en soi et l’évitement scolaire.
Enfant, ado ou adulte : un trouble du neurodéveloppement ne définit pas une personne. Même s’il est fréquent de rester focalisé sur les difficultés scolaires et le mal-être du jeune, ils ne sont pas obligatoires. Certes, cette période représente un pic de fragilité. Mais de nombreux adolescents dys trouvent leur équilibre au collège ou au lycée. Lorsque le trouble dys a été identifié en primaire, ils sont plus à l’aise avec les aides et savent mobiliser celles qui leur conviennent. À l’inverse, certains rejettent celles qu’ils utilisaient jusqu’alors. C’est parfois le cas avec l’intervention d’une AESH pour une dyslexie. Le jeune refuse sa présence par crainte d’être stigmatisé ou par envie d’être autonome.
Une autre spécificité du collège et du lycée réside dans la nature même des apprentissages. En primaire, la lecture ou l’écriture sont des objets d’étude. Dans le secondaire, ce sont des outils, des moyens de transmettre des informations. Certains adolescents sont alors plus à l’aise parce qu’ils connaissent des stratégies ou des techniques pour contourner l’écrit (dictée vocale, synthèse vocale, par exemple).
Les activités extra-scolaires sont également une autre manière de développer la construction identitaire. Les sources de réussite sont multiples à l’école, tout comme dans les activités sportives, artistiques et culturelles.
Enfant ou adolescent dyslexique, le maître mot reste : s’adapter. Pour faire simple (ou presque !), il y a quasiment autant de réponses possibles que de jeune à accompagner.
Prévenir le décrochage scolaire avec une dyslexie est un point de vigilance à garder en tête. On l’a vu, les difficultés répétées, la fatigue cognitive et parfois le risque d’être stigmatisé alourdissent le sac à dos du collégien ou du lycéen. Les aménagements de la scolarité pour les troubles dys doivent être réévalués régulièrement pour prendre en compte :
Les plans mis en place à l’école primaire peuvent l’être au collège :
Le PAP et le PPS permettent des aménagements d’épreuves d’examens (diplôme national du brevet, CAP, baccalauréat) :
L’une des principales difficultés tient dans la cohérence entre l’adaptation des évaluations en classe et lors des examens.
💡 Bon à savoir : il est possible de faire une première demande de reconnaissance de handicap au collège ou au lycée. Le chef d’établissement (principal ou proviseur) et l’enseignant référent pourront vous guider dans cette démarche. Des bilans et un suivi avec un professionnel de santé sont indispensables pour constituer le dossier.
Les outils numériques facilitent la vie des élèves avec un trouble des apprentissages. Le seul bémol : le coût des logiciels et du matériel. La reconnaissance de handicap permet une prise en charge partielle ou totale de ces matériels. Les supports les plus couramment rencontrés sont :
D’autres innovations technologiques pour la dyslexie offrent des réponses individualisées aux élèves présentant un trouble dys (minuteur visuel — Time Timer —, logiciel de cartes mentales ou de géométrie, gestion des dossiers avec le cartable numérique, etc.).
L’adolescent a les capacités pour prendre en main ces outils numériques. Cependant, il arrive qu’il refuse d’avoir un ordinateur ou une tablette en classe. Nous l’avons vu, une aide utile doit être utilisable et utilisée. Si le jeune s’oppose, le professeur ou l’orthophoniste peut revoir avec lui comment l’intégrer dans ses pratiques sans le forcer. Le plus important est qu’il sache que ce dispositif existe et qu’il peut y recourir lorsqu’il sera prêt à le faire. Son besoin d’appartenance à un groupe et l’image qu’il a de lui doivent être respectés. Un suivi avec un psychologue peut l’aider à lever ces blocages… à condition qu’il soit d’accord pour l’effectuer.
Le projet de l’ado dys est au centre de sa réussite scolaire. Sa construction identitaire est un atout pour l’aider à affirmer ses choix et construire son autonomie. Pour ce faire, un dialogue régulier et sans pression doit être maintenu entre les adultes et l’adolescent. Il peut donner l’impression de ne pas être réceptif, il a seulement besoin de temps pour trouver sa place et prendre confiance en lui.
Des structures associatives et nationales proposent des relais lorsque la discussion semble difficile à la maison ou en cours :
Même si ces structures n’ont pas vocation à accompagner les jeunes présentant un trouble dys, elles établissent un lien entre la famille et l’adolescent. De la même façon, toutes les situations qui renforcent la confiance en soi et le sentiment de compétence sont importantes. L’adolescent dyslexique a une estime de soi souvent plus fragilisée. Comme lorsqu’il était petit, il doit se sentir en réussite, ses projets personnels et ses centres d’intérêt doivent être valorisés.
💡 Idée de lecture : Chistopher Boyd est enseignant (multi-dys !) et auteur d’une BD Moi, dyslexique : Comment j’ai appris à vivre avec des troubles dys. Il apporte son témoignage avec beaucoup de sensibilité dans un format adapté aux jeunes dys. C’est une idée de lecture parfaite pour les pré-ados, dès 8 ans et jusqu’au collège.
Si cette période nécessite des repères, elle appelle aussi un équilibre de plus en plus juste entre l’ado et les adultes. En tant que parent, cette période de transition est souvent source de tension, de lassitude… et d’incompréhension. Ce qui fonctionnait si bien, ne fonctionne plus. Les moments agréables cèdent la place aux frictions et la gestion des troubles dys ajoute une source de conflit supplémentaire à la maison. Pourtant, malgré les apparences, l’ado qui est face à vous n’est pas si différent de l’enfant qu’il était. Il se cherche, teste et se camoufle derrière de nouveaux codes. L’entourage proche ou un dispositif d’écoute (association pour les troubles dys, psychologue) permettent de partager ses doutes et d’éviter de surréagir aux tensions.
L’accompagnement des enseignants doit aussi s’ajuster à cette double contrainte entre l’adolescence et la dyslexie. Les aménagements prévus doivent s’ajuster avec nuances pour rester pertinents et utiles. Les équipes éducatives et les réunions avec les enseignants sont des occasions de faire le point régulièrement. Quant aux orthophonistes, ils savent que cette période demande des adaptations de la prise en charge. Un jeune suivi depuis l’école primaire rejette parfois la rééducation. C’est tout l’enjeu de faire réseau entre les différents partenaires de l’adolescent pour que l’accompagnement ne soit pas subi et qu’il puisse s’en saisir.
Proposer sans imposer, c’est ça la clé d’un accompagnement réussi de la dyslexie à l’adolescence. Les différents profils d’ado dys obligent les adultes à adapter encore plus finement leurs réponses. Fréquemment, il arrive que l’adolescent refuse tout ou partie des aides proposées. Ou bien, il s’épuise à vouloir faire comme les autres pour ne surtout pas se distinguer. La particularité de cette période tient dans les bouleversements émotionnels et identitaires qu’il traverse. L’ado dys bouscule l’enfant qu’il était pour construire son autonomie et s’affirmer. Il a toujours besoin d’aides et d’aménagements adaptés à la dyslexie, mais il réclame aussi de la flexibilité. Avec écoute, patience et bienveillance, vous pouvez l’accompagner dans cette nouvelle étape pour préserver son estime de soi et sa motivation.
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Des jeux éducatifs qui remotivent votre enfant et rendent l'apprentissage amusant et efficace.












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Avec Catherine Grosmaitre PhD, Neuro-psychologue à l’Hôpital Necker-Enfants Malades
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