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Aider son enfant dys à progresser pendant les vacances

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Aider son enfant dys à progresser pendant les vacances

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Aider son enfant dys à progresser pendant les vacances

Aider votre enfant dys à progresser pendant les vacances : activités ludiques, pauses régulières et apprentissages informels pour maintenir les acquis.

Comment aider son enfant dys à progresser durant les vacances… sans oublier de se reposer

16 semaines par an dont 8 semaines l’été, ce sont les durées des vacances scolaires en France. Elles sont souvent jugées trop longues et trop nombreuses par rapport aux autres pays européens. Et pendant que ce temps scolaire fait beaucoup parler de lui, on oublierait presque qu’elles ont une utilité. Les pauses font partie des apprentissages et laissent de la place à la vie de famille. Ces moments sont d’autant plus importants pour un enfant présentant un trouble du neurodéveloppement. Cet article montre comment le renforcement des apprentissages et le repos aident l’enfant dys à progresser pendant les vacances.

Comprendre les besoins d’un enfant dys pendant les vacances

Pour consolider leurs acquis, les enfants doivent alterner du repos et des réactivations régulières. Mais pour les parents d’un enfant dys, ce principe devient vite un dilemme : comment soutenir les progrès sans épuiser un enfant déjà très sollicité ? Entre peur du décrochage et nécessité de souffler, l’équilibre est parfois difficile à trouver.

Identifier les spécificités des troubles des apprentissages

Les troubles dys sont neurodéveloppementaux parce qu’ils sont présents dès la naissance et ils n’affectent pas l’intelligence. Chacun touche différentes compétences, mais tous partagent des points communs qui impactent l’apprentissage : 

  • La dyslexie se manifeste par un déficit en lecture.
  • La dysorthographie porte sur l’utilisation des règles de l’expression écrite (orthographe, syntaxe).
  • La dysphasie bouleverse le langage oral et la transmission des informations verbales (parole, construction des phrases, compréhension du second degré).
  • La dyspraxie est le trouble développemental de la coordination et des gestes (déplacement, motricité fine). La dysgraphie concerne spécifiquement le geste d’écriture.
  • La dyscalculie empêche les activités logico-mathématiques (compter, calculer, résoudre un problème, se repérer sur un plan).
  • Le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) perturbe la concentration (rester attentif, faire abstraction des distractions).

Parmi les autres points communs, on observe une grande fatigabilité, un besoin d’alléger et de fragmenter les tâches scolaires ou encore une mémoire de travail rapidement saturée. Les adaptations pédagogiques sont indispensables en classe, elles sont inscrites dans les plans d’aide scolaire pour la dyslexie et les autres troubles dys.

Maintenir les apprentissages sans pression

Des études, comme celles de Harris Cooper en 1996, montrent une baisse des résultats dans les tests de réussite après les vacances d’été. L’enchaînement des semaines sans réactivation des notions fragilise les acquis chez tous les élèves et principalement chez ceux qui sont en difficulté. La raison est simple : les connaissances doivent être réactivées régulièrement. C’est le principe de la courbe de l’oubli popularisée par le psychologue allemand Hermann Ebbinghaus. 

La mémoire oublie les informations qu’elle stocke si elles ne sont pas réactivées à des intervalles réguliers. Le cerveau collecte, trie et organise les informations qu’il juge pertinentes et, pour cela, il a besoin de répétitions. Le problème des élèves dys vient notamment de leur mémoire de travail qui sature rapidement. Ils n’automatisent pas les apprentissages, ce qui empêche la fixation des données à moyen puis long termes. 

Il faudrait donc augmenter le travail et les répétitions ? Oui… et non. Oui, la répétition et le fractionnement sont indispensables. Non, il ne faut pas trop multiplier les sessions sous peine de voir l’enfant s’épuiser, se démotiver… et vous avec. 

Préserver l’équilibre familial

La consolidation des connaissances se fait dans les périodes de repos. Et comme les enfants dys fatiguent davantage que leurs camarades, les pauses sont plus nombreuses. Mais la charge mentale et opérationnelle des parents est également très lourde. Les rendez-vous avec les professeurs et les professionnels de santé, les démarches administratives, l’attente de prise en charge ou de solutions thérapeutiques sont épuisants.

Une étude menée en 2024 par la FFDys et Poppins montre notamment que 67 % des familles estiment que la prise en charge n’est pas adéquate. Ce constat entraîne inévitablement une pression pour les parents, des déceptions ou encore une multiplication des actions pour espérer combler le retard. Et si la solution était de faire travailler un peu plus son enfant à la maison ? Plus, non. Mieux et autrement, oui. 

Bertrand Réau est sociologue, ses recherches portent sur les inégalités et les pertes d’apprentissage pendant les vacances d’été. Il aborde tout particulièrement la question de la fragmentation du temps de l’enfant, souvent segmenté, pour ne pas dire « saucissonné » (école, cantine, loisirs, suivis, amis, famille, etc.). Aider l’enfant à maintenir ses acquis suppose de repenser ces moments comme un temps continu. Ainsi, les adultes préservent les ressources de l’enfant et les leurs.

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Connaître les grands principes pour permettre à son enfant dys de progresser pendant les vacances

Accompagner un enfant dys durant les vacances ne se résume ni à réviser intensément, ni à tout lâcher, mais plutôt à ajuster. Poser un cadre souple avec des repères simples soutient son bien-être et ses apprentissages, sans pression.

Reconnaître les signes de fatigue de l’enfant dys et adapter le rythme

Nous l’avons vu, les enfants présentant un trouble spécifique des apprentissages fatiguent plus vite. Les manifestations sont parfois évidentes (bâillement, corps avachi, demandes de répétition) ou plus insidieuses (agitation, voire énervement). 

L’idée n’est pas d’attendre cette limite, mais bien de l’anticiper avec des sessions de révisions courtes et des occasions régulières pour se relâcher. Prenez 5 minutes (ou plus !) pour bouger, s’étirer ou bien changer d’environnement.

Le bénéfice est double puisque les pauses favorisent la concentration et l’apprentissage de tous les élèves, car elles permettent la restauration des ressources cognitives. Ces micro-pauses font d’ailleurs partie des adaptations proposées dans les plans d’aide scolaire pour la dyslexie et autres troubles dys. 

Trouver la bonne dose de travail : ni surcharge, ni abandon

Comme souvent, la bonne attitude est dans l’équilibre et la juste mesure. Ne pas proposer de révisions, c’est risquer une perte des apprentissages évoquée plus haut. À l’inverse, ne pas laisser de pause, c’est risquer d’amener l’enfant à l’épuisement, voire à la démotivation. 

L’idéal est d’instaurer un rituel. Aucune réponse n’est universelle, certains enfants sont plus disponibles après le petit-déjeuner, d’autres après une pause active. Testez et réajustez. En programmant ces sessions de travail, vous limitez les occasions de friction avec votre enfant et la négociation. 

Nous verrons plus bas que le choix des activités est tout aussi important pour maintenir sa motivation engagée. Et dans tous les cas, ce cadre doit rester flexible et s’adapter aux suivis et à la rééducation avec les professionnels de santé.

Encourager les apprentissages informels et sensoriels

Apprendre ne se limite pas à l’école et aux matières scolaires. Le sociologue Pierre Bourdieu parle de « culture libre » pour désigner ces connaissances acquises hors des circuits institutionnels (culture libre versus culture légitime). Les pratiques culturelles et familiales nourrissent l’enfant et la relation. Elles sont d’autant plus importantes que la vie quotidienne a vite fait de tourner autour des difficultés liées aux troubles des apprentissages et aux différentes prises en charge. On pense dys, on vit dys… et on veut que son enfant apprenne comme les autres. 

Tous les moments informels, comme la cuisine, les jeux de société ou les sorties familiales enrichissent considérablement la vie et les connaissances de l’enfant. Mieux que de ne pas s’en priver, il faut en profiter. 

Autre point, Steve Masson montre grâce aux neurosciences qu’une bonne façon d’activer ses neurones est de varier les approches pour faciliter le transfert des connaissances dans différents contextes. Les situations informelles et les jeux sont donc de parfaites occasions pour aider son enfant à progresser pendant les vacances.

Adapter son accompagnement selon les types de vacances

Les congés scolaires s’articulent entre des périodes courtes et des périodes longues qui n’amènent pas les mêmes réponses. 

Les petites vacances : consolider sans surcharger

Les vacances entre les périodes scolaires (Toussaint, Noël, hiver, printemps) offrent une coupure de deux semaines. Cette courte durée va de pair avec une consolidation plus légère et des cycles de révision qui peuvent être plus espacés. Les sessions sont courtes (15 minutes maximum) et la routine est souple. Pour un enfant dyslexique, par exemple, lire quelques phrases chaque jour ou tous les deux jours est suffisant. 

Les grandes vacances : maintenir les acquis sans s’épuiser

La longueur des vacances d’été amène une autre stratégie et l’éternelle question : faut-il donner des devoirs de vacances ? Pour la plupart des enfants dys, les cahiers de vacances classiques ne sont pas adaptés (mise en page chargée, exercices répétitifs, absence de différenciation). Privilégiez des supports pensés pour les dys ou, mieux encore, des activités ludiques qui mobilisent les mêmes compétences sans le cadre scolaire. 

Le plaisir doit rester le principal moteur des apprentissages et les instants partagés sont d’excellentes occasions pour s’entraîner (lire quelques phrases sur un panneau d’affichage, écrire une carte postale, faire des jeux). Ici aussi, les sessions sont courtes et pensées pour tenir sur la durée. Un peu tous les jours est bien plus efficace pour l’engagement et la mémorisation. La durée varie avec l’âge de l’enfant et n’excède pas 20 à 30 minutes. Deux semaines avant la reprise, reprenez en douceur un rythme plus régulier. Repos court ou long, dans les deux cas, privilégiez des entraînements ludiques. 

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Choisir des activités pour faire des progrès sans « faire classe »

Les vacances offrent un terrain idéal pour apprendre autrement. Sans exercices formels, le quotidien regorge d’occasions de renforcer les compétences. Bien sûr, pour chaque activité, n’oubliez pas que l’adaptation est la clé. Ici, les règles du jeu s’assouplissent, se modifient et parfois même se contournent. 

Lire pour le plaisir et soutenir le langage

Lire pour le plaisir redonne tout son sens à la lecture, cette compétence si difficile à maîtriser pour un enfant dyslexique. Des ouvrages et des maisons d’édition spécialisés pour les troubles des apprentissages offrent une sélection de titres à la mise en page adaptée (La Poule qui pond, Tom Pousse, Dyscool chez Nathan, etc.). 

La lecture partagée avec un parent, un grand frère ou une grande sœur est excellente pour renouer avec l’imaginaire et la langue de l’écrit. Le neuroscientifique Michel Desmurget insiste sur cette importance de la lecture partagée pour engager la lecture personnelle. 

Les BD, les mangas et les livres audios sont une autre manière de cultiver ce plaisir de lire, d’enrichir son vocabulaire et de faire marcher son imagination. Les outils numériques, comme l’application médicale Poppins, sont une autre façon d’entraîner la lecture des enfants dyslexiques en s’amusant. 

Faire des maths sans s’en rendre compte

Vous pensez que « faire des maths, c’est sérieux » ? Pas plus que le reste. S’entraîner à lire des nombres, calculer ou se repérer dans l’espace se travaille parfaitement dans les situations du quotidien ou avec des jeux de société. Lire une recette demande de nommer et de comprendre la valeur des nombres. Bricoler avec un parent invite à manipuler les longueurs. 

Certains jeux de société ont une approche avant tout pédagogique et sont pensés pour entraîner directement des compétences mathématiques. Mais de nombreux jeux développent ces connaissances, quitte à adapter les règles. Par exemple, jouer avec deux dés engage le calcul (le surcomptage), tout comme le comptage des points en fin de partie.

Soutenir la motricité et l’organisation spatiale

La dyspraxie peut rendre l’utilisation de certains jeux de société plus difficile (structure en 2D, petites pièces). Les formes en relief avec suffisamment de volume facilitent la préhension. Les situations vécues en famille proposent d’autre manière de développer le repérage spatial, par exemple, utiliser le plan d’un zoo ou le quadrillage d’un jeu. 

Les jeux de construction ou les activités manuelles renforcent la motricité avec plaisir, à condition de toujours veiller à adapter les supports aux capacités de l’enfant. Et bien sûr, tout ce qui mobilise le corps, comme le sport, est parfait pour travailler naturellement ces compétences. La danse entraîne également la coordination en ajoutant les effets bénéfiques du rythme sur la dyslexie. Enfin, séquencer les gestes et les accompagner de consignes verbales, puis s'autoévaluer, aide les enfants dyspraxiques à mieux cerner et améliorer leur coordination motrice.

Protéger les temps de repos et d’attention

L’attention et la concentration ne sont pas inépuisables. Une des particularités de l’attention est d’être mobilisable sur une courte période. Et pour un enfant présentant un TDAH, il n’est pas question de rallonger cette durée. 

Pour éviter la frustration de ne pas arriver au bout de la tâche ou de générer de l’impatience, les séances minutées sont un bon moyen de cadrer l’engagement. Une horloge à aiguilles, un minuteur de cuisine, un sablier ou un time-timer donnent à voir l’écoulement du temps. L’enfant engagera plus facilement sa motivation s’il sait que la durée est limitée. À l’école comme à la maison, les temps de récupération aident à mieux apprendre.

Ajuster les révisions au profil dys et au vécu de l’enfant

Que faire si l’enfant refuse ou si la fatigue est trop importante ? On s’adapte ! Favoriser la motivation de l’enfant dys passe par la réussite, pas par le conflit. L’enfant doit être suffisamment challengé et confiant pour apprendre. Réussir une tâche, qu’elle soit scolaire ou ludique, engage un processus vertueux : l’enfant réussit, il est rassuré, il est motivé, il recommence. Si, malgré les activités ludiques, votre enfant continue à s’opposer, parlez-en avec l’orthophoniste ou le professionnel de santé qui le suit. Peut-être que les révisions doivent être adaptées, espacées, voire changées. Maintenir les acquis ne se fait pas à tout prix, mais dans le respect des besoins et des capacités.

Ce qu’il faut retenir…

Les vacances ne sont pas un temps perdu, mais un temps investi autrement. Elles offrent une occasion de consolider les acquis sans la pression du cadre scolaire, de renouer avec le plaisir d’apprendre et, surtout, de se reposer. Entre entraînements réguliers et respect des besoins de l’enfant, l’équilibre n’est pas toujours simple à trouver. Des sessions courtes, des activités ludiques, du repos et des moments partagés en famille suffisent à aider son enfant dys. Il progresse pendant les vacances sans épuisement. Apprendre ne se limite pas à réviser, c’est aussi explorer, jouer, manipuler et même s’ennuyer. En musique, les silences font partie de la partition, tout comme les pauses et le plaisir font partie des apprentissages.

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