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Musique et dyslexie : quels bénéfices pour les enfants ?

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Musique et dyslexie : quels bénéfices pour les enfants ?

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Musique et dyslexie : quels bénéfices pour les enfants ?

Musique et dyslexie : découvrez comment la pratique musicale peut renforcer la lecture, la mémoire et l’estime de soi chez les enfants dys.

Musique et dyslexie : une voie d’accompagnement prometteuse

En 2015, l’INSERM a mené une étude sur les liens entre la musique et la dyslexie chez les enfants. Les résultats sont frappants : 60 % d’entre eux ont amélioré leurs compétences en lecture. Mais la musicothérapie reste encore trop peu intégrée dans le parcours de rééducation de la dyslexie. Pourtant, de nombreuses recherches en confirment les bienfaits sur le langage, l’attention et l’estime de soi. Que ce soit par la pratique d’un instrument, le chant ou des jeux rythmiques, la musique stimule des zones du cerveau impliquées dans les apprentissages. Alors, pourquoi ne pas lui donner toute sa place dans l’accompagnement des enfants porteurs de troubles dys ?

Pourquoi s’intéresser à la musique en cas de dyslexie ?

C’est désormais prouvé par la science, la musique adoucit les mœurs, mais pas seulement. Grâce à la plasticité neuronale, l’entraînement régulier joue sur l’organisation du cerveau, y compris chez les enfants dyslexiques.

La dyslexie : un trouble qui affecte bien plus que la lecture

Le trouble spécifique du langage écrit impacte l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. La dyslexie est la forme la plus étudiée des troubles dys. Le comportement d’un enfant dyslexique se retrouve dans des difficultés pour : 

  • reconnaître et discriminer les sons : le déficit phonologique ; 
  • associer les lettres aux sons et retenir l’orthographe des mots fréquents : le déficit intermodalitaire ; 
  • percevoir toutes les lettres d’un mot : le déficit visuo-attentionnel

Mais la dyslexie entraîne aussi d’autres déséquilibres dans les apprentissages, dont : 

  • une mémoire de travail fragile ; 
  • un manque d’automatisation de certaines tâches ; 
  • une fatigabilité importante ; 
  • une attention vite perturbée, à plus forte raison lorsqu’il y a en plus en plus un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

De manière générale, les personnes porteuses de troubles du neurodéveloppement ont des logiques de fonctionnement différentes. Leur intelligence est dans la norme, mais certains circuits neuronaux sont déficients. Alors, elles doivent emprunter d’autres voies d’apprentissage. 

Le cerveau dyslexique et la musique : ce que disent les neurosciences

Les neurosciences et l’imagerie médicale ont considérablement fait évoluer les connaissances sur le fonctionnement du cerveau, et notamment le langage. 

Les aires du langage

Deux aires cérébrales sont mobilisées pour comprendre et produire du langage : l’aire de Broca et l’aire de Wernicke, situées presque toujours dans l’hémisphère gauche. Elles sont reliées par un réseau de fibres nerveuses : le faisceau arqué. Leurs actions se coordonnent : 

  • L’aire de Broca génère la parole, la production et l’articulation des mots. 
  • L’aire de Wernicke perçoit les sons et interprète le langage.
  • Le faisceau arqué distribue l’information entre ces deux zones.

Et lorsque la lecture ou l’écriture entrent en jeu, le faisceau arqué mobilise aussi l’aire visuelle pour identifier la forme physique des phonèmes : les lettres. C’est justement cette circulation des informations qui est perturbée chez les personnes dyslexiques. Les connexions neuronales et neurales sont alors moins performantes.

Des zones cérébrales communes entre la musique et le langage

L’imagerie médicale a mis en évidence l’activité du cerveau chez les musiciens. Pour jouer d’un instrument, déchiffrer une portée musicale ou reproduire un rythme, ils mobilisent des aires identiques au langage. Ils ont besoin de : 

  • différencier les notes ; 
  • lire une partition ; 
  • interpréter une gamme ou un mouvement ; 
  • mémoriser et automatiser des gestes.

Vous l’aurez compris, ce sont encore les aires de Broca, de Wernicke et l’aire visuelle qui entrent en scène.

Les études cliniques sur les troubles dys : l’impact favorable du rythme

Les observations scientifiques — et Einstein lui-même — pressentaient depuis longtemps que la musique pouvait stimuler le cerveau. Mais ce n’est qu’à partir des années 2010 que la recherche s’est réellement penchée sur l’impact de la musique dans la rééducation des troubles dys, et notamment de la dyslexie.

En France, des travaux cliniques ont évalué l’apport bénéfique d’ateliers rythmique chez des enfants dyslexiques âgés de 8 à 11 ans. En 2015, un programme, lancé à l’université d’Aix-Marseille, a montré que 60 % des enfants dyslexiques inclus dans le protocole amélioraient leurs performances en lecture. Cet entraînement musical a été associé à un accompagnement orthophonique régulier.

En 2018, François Vonthron et Antoine Yuen, tous deux polytechniciens, ont collaboré avec le Dr Michel Habib pour lancer des essais scientifiques sur la future application dys validée cliniquement, Poppins (ex-Mila Learn). Ils se sont appuyés sur un protocole rigoureux : tests standardisés et randomisés en double aveugle, groupe témoin, etc. 

Leurs résultats ont confirmé l’hypothèse de départ. La pratique rythmique agit positivement sur la conscience phonologique, la fluidité de lecture et la mémoire de travail chez les enfants dyslexiques.

Ces études ne remplacent pas les approches traditionnelles de rééducation orthophoniques, mais elles ouvrent une voie complémentaire prometteuse. 

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Quels sont les effets bénéfiques de la musique chez les enfants dyslexiques ?

La science apporte un éclairage important sur l’impact de la musique dans les troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA). Du traitement de la parole à la mémoire, en passant par la phonologie, les avantages sont multiples et parfois inattendus.

Amélioration dans le traitement du rythme, attention et conscience phonologique

Les études précédemment citées montrent bien comment la pratique de la musique renforce les circuits neuronaux des enfants dyslexiques

La lecture 

En lecture, on observe une amélioration dans : 

  • la perception et la discrimination des sons (la conscience phonologique) ; 
  • la segmentation des mots (le découpage syllabique) ;
  • la lecture de mots phonologiquement complexes (les correspondances graphèmes-phonèmes) ;
  • le traitement des règles grammaticales (la syntaxe) ; 
  • la perception des composantes de la parole, comme la durée des sons (courts ou longs), les aigus et les graves (l’attention auditive) ; 
  • la vitesse de lecture (la fluence).

Les fonctions exécutives

Parmi les résultats inattendus, les chercheurs ont également constaté des effets positifs sur les fonctions exécutives comme : 

  • La mémoire de travail verbale, soit l’habileté à garder activées les données nécessaires à une tâche. Elle est indispensable dans des activités où il faut se souvenir des mots lus ou entendus pour comprendre une phrase, puis un texte, retenir les étapes d’une consigne, etc.
  • L’attention auditive. Elle se décline sous deux formes avec l’attention sélective (la gestion des éléments distracteurs) et l’attention partagée (la capacité à prêter attention à plusieurs sources d’informations en même temps). Elle est utile dans l’exécution des doubles tâches cognitives qui demande une automatisation des habiletés — ex. :  écouter l’enseignant dicter une consigne et l’écrire.

Le traitement du langage

Grâce à la pratique régulière de la musique, les connexions cérébrales essentielles à l’apprentissage se renforcent. Ce qui explique pourquoi le rythme aide à corriger la dyslexie. Comme le soulignait déjà en 2015 le professeur en neurobiologie, David Schön, « Le rythme semble réguler l’activité oscillatoire cérébrale qui est nécessaire au traitement du langage et à la reconnaissance des sons ». 

Les autres troubles du neurodéveloppement et le TDAH ?

Bien que les études menées n’aient pas mesuré les effets sur les autres troubles des apprentissages, l’entraînement musical pourrait être bénéfique au-delà de la dyslexie. En effet, les autres TSLA — dysphasie, dysorthographie — ou le TDAH partagent des points communs. La mémoire de l’enfant dys et son aptitude à la discrimination auditive sont fragiles. Les résultats favorables sur les fonctions exécutives engagent donc les chercheurs à vérifier l’impact de la musicothérapie sur les autres troubles du neurodéveloppement.

Développement de l’estime de soi

En plus du langage, la musique a cette vertu particulière : l’esthétique. On sait qu’elle peut apaiser (même les animaux !) ou au contraire inviter au mouvement. Elle est presque toujours la partenaire de la danse. Sa dimension artistique est plus forte que le langage. 

Avant de pouvoir se saisir de la beauté d’un texte, il est déjà nécessaire de maîtriser les compétences langagières. A contrario, la cadence d’une mélodie provoque immédiatement des émotions, voire l’envie de bouger, sans avoir besoin d’être musicien. Ce bien-être est partagé par toutes et tous, des tout-petits aux personnes âgées. 

Ce sentiment de satisfaction régule les sensations extrêmes ou désagréables. Il favorise l’engagement dans la tâche et facilite la réussite ; il nourrit la motivation, le moteur absolu pour apprendre. 

Le rythme participe à la rééducation de la dyslexie et à l’épanouissement de l’enfant. En renforçant l’attention, le rythme ou la conscience phonologique, la musique soutient les apprentissages, tout en apportant plaisir et valorisation de soi.

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Comment intégrer la musique dans l’accompagnement d’un enfant dys ?

Dans la vie quotidienne et dans la rééducation orthophonique, la pratique musicale peut devenir un véritable outil d’accompagnement — accessible, ludique et sans pression. Explorons quelques pistes pour passer de l’intention aux actions.

À la maison : des idées simples pour stimuler son enfant sans pression

Dès le plus jeune âge, les tout-petits entendent des berceuses, des jeux de doigts et autres comptines rythmées. Puis, très vite, ces jeux qui mêlent les gestes à la voix disparaissent pour laisser la place à des pratiques plus « sérieuses ». C’est le moment de dépoussiérer les a priori et de reprendre les activités rythmiques avec votre enfant dyslexique.

Le chef d’orchestre 

But : reproduire une séquence de sons ou de gestes (frapper des mains, taper sur la table, claquer des doigts).

Compétences mobilisées : mémoire de travail auditive, attention sélective.

Variante : inverser les rôles pour que l’enfant invente ses propres rythmes.

Chanter des comptines à gestes

But : associer parole, tempo et mouvement sur des comptines connues ou ses chansons préférées (ex. : taper dans la main de son voisin sur le tempo de la musique, bouger en cadence).

Compétences mobilisées : conscience phonologique, coordination motrice.

Bonus : chanter lentement puis plus vite, remplacer un mot par une percussion corporelle.

Boîte à sons ou devinettes musicales

But : retrouver un objet ou un mot à partir de sons (ex. : bruit d’animal, bruit d’une porte dans la maison, voix ou bruit des pas d’une personne familière)

Compétences mobilisées : association son-image (visualisation), mémoire auditive, attention sélective.

Variante : faire du bruit avec des objets, puis les classer du plus grave au plus aigu, et inversement.

L’application médicale Poppins

But : améliorer les compétences en lecture au travers de jeux musicaux (ex. : identifier les sons de la parole, reproduire, synchroniser et compléter un rythme)

Compétences mobilisées : conscience phonologique, attention sélective et attention partagée, lecture (décodage et fluence).

Bonus : bénéficier d’une progression adaptée à chaque enfant ; s’entraîner 20 minutes par jour (pas plus !) 3 à 5 fois par semaine.

À l’école ou au collège : des initiatives et des projets inclusifs

Les activités musicales sont largement présentes dans les écoles, les collèges et les lycées. Si l’écoute et la sensibilisation artistiques sont importantes, la recherche nous montre que c’est la pratique musicale qui agit activement sur le cerveau. Nous relèverons ici les initiatives qui permettent d’associer musique et activités rythmiques. L’Éducation nationale propose des dispositifs tels que :  

  • la chorale de la maternelle au lycée ;
  • les Fabriques à musique, avec la SACEM, pour créer une musique avec un ou plusieurs artistes ; 
  • les Concerts en poche pour participer à un atelier musical avec un artiste et assister à un concert ; 
  • un Orchestre à l’école, en partenariat avec les collectivités territoriales et les établissements artistiques, pour découvrir la pratique instrumentale ;
  • un Violon dans mon école, projet créé en Île-de-France par Hélène et Pierre Vareille, pour lutter contre le décrochage scolaire au travers de l’apprentissage du violon.

Les enseignants qui le souhaitent peuvent également se former auprès d’organismes tels que Formadys. Mais, comme aiment à le rappeler ces partenaires, démarrer la pratique musicale est assez simple. La voix (le chant) et le corps (les percussions corporelles) sont un excellent point de départ pour passer à l’action.

En cabinet orthophonique : la musique comme un outil thérapeutique

Les orthophonistes savent que le rythme est un outil de remédiation puissant. En cabinet, elles utilisent le corps, le son et les percussions pour compléter les exercices de rééducation de la dyslexie. 

Les psychomotriciens et les ergothérapeutes y recourent également dans leurs accompagnements. Gemma Matta est psychomotricienne à la Haute École de Santé de Genève. Elle constate les influences bénéfiques du rythme auprès des enfants dyspraxiques :

« Frédéric Bugiarine, qui est psychomotricien et directeur de l’école de Montpellier, a aussi fait des recherches dans ce sens. Il a démontré l’effet du rythme. Le fait de saccader le mouvement avec l’enfant l’aide à structurer ses mouvements et à les améliorer. Ça améliore sa coordination et surtout la régularité des gestes. […] Le rythme et la musique sont très utilisés. […] Ils ont des effets palpables au niveau de la rééducation. »

Le choix d’un instrument de musique pour un enfant dyslexique

Une autre façon de prolonger les bienfaits musicaux est la pratique instrumentale. D’ailleurs, les écoles de musique prennent mieux en compte les parcours des musiciens en herbe porteurs de troubles dys. 

Souvent, le piano est conseillé aux jeunes dyslexiques. Mais en réalité, la motivation et l’intérêt sont les plus importants pour choisir un instrument pour son enfant dys. Quant au solfège, il existe différentes méthodes qui contournent les difficultés visuo-spatiales des enfants. L’utilisation de partitions en couleur les aide à structurer l’information (ex. : ligne du bas en marron comme la terre, ligne du haut en bleu comme le ciel, notes de musique colorées, etc.). 

Et rien n’est perdu pour les enfants qui seraient effrayés par le solfège ou trop en difficulté pour lire une portée de notes. Dans ce cas, il est possible de commencer l’apprentissage par la seule pratique de l’instrument. De nombreuses méthodes font d’ailleurs l’impasse sur le solfège ou proposent des alternatives créatives, comme Les Traits du son. Enfin, des logiciels existent pour faciliter cet apprentissage ou bien adapter les partitions aux différents besoins des enfants neuroatypiques.

Ce qu’il faut retenir… 

Grâce à la plasticité neuronale, le cerveau peut dépasser ses limites. Le lien entre musique et dyslexie en est une parfaite illustration. La rééducation de ce trouble spécifique du langage écrit ne se réduit pas à des exercices scolaires. Bien au contraire. La pratique musicale complète efficacement l’accompagnement orthophonique. Elle stimule les circuits neuronaux reliés à la lecture, à l’écriture, mais aussi à l’attention et à la mémoire. Des études cliniques confirment tous ces bénéfices et ils s’étendent bien au-delà du langage écrit. Ils apportent un soutien précieux dans le cadre des troubles du neurodéveloppement. Vous pouvez le répéter sur tous les tons : pratiquer la musique adoucit la dyslexie.

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