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« Le parcours de santé des enfants dys en 2025 » Enquête réalisée par la FFDys et Poppins

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« Le parcours de santé des enfants dys en 2025 » Enquête réalisée par la FFDys et Poppins

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« Le parcours de santé des enfants dys en 2025 » Enquête réalisée par la FFDys et Poppins

Enquête FFDys-Poppins 2025 : 1 084 familles témoignent des conséquences des troubles dys mal pris en charge sur la scolarité, la santé mentale et l'emploi.

Enquête nationale 2025 : les conséquences des troubles dys mal pris en charge en France (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysphasie)

Étude publiée le 11 octobre 2025 à l'occasion de la Journée Nationale des Dys, réalisée par la FFDys et Poppins auprès de 1 084 familles et adultes concernés.

En France, entre 6% et 8% des enfants présentent un trouble dys : dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie ou dysphasie. Ces troubles spécifiques des apprentissages, quand ils sont repérés et pris en charge précocement, n'empêchent pas de réussir sa scolarité ni sa vie professionnelle. Mais quand le diagnostic tarde ou que l'accompagnement fait défaut, les conséquences se répercutent sur l'ensemble du parcours de vie.

C'est ce qu'a voulu mesurer l'enquête nationale menée par la Fédération Française des Dys (FFDys) et Poppins en 2025. En interrogeant à la fois des familles d'enfants dys et des adultes concernés, l'étude permet une comparaison inédite entre deux générations. Le constat est nuancé : des progrès réels dans le repérage et l'accès aux soins, mais un système toujours saturé qui génère de l'insatisfaction et, surtout, une perte de chance durable pour ceux qui passent entre les mailles du filet.

Méthodologie et profil des répondants

L'enquête a été menée en 2025 par la Fédération Française des Dys (FFDys) et Poppins auprès de 1 084 personnes réparties en deux groupes : 900 familles répondant pour leurs enfants dys (83% des répondants) et 184 adultes dys répondant pour eux-mêmes (17%). 94 départements français sont représentés.

Les enfants de l'enquête sont à 60,2% des garçons, une proportion cohérente avec le sex-ratio de 2:1 à 5:1 observé dans la littérature scientifique sur les troubles du neurodéveloppement. 55% ont entre 7 et 11 ans, 22,8% entre 12 et 15 ans. Côté adultes, 60,9% ont entre 25 et 49 ans, 64,6% sont en activité professionnelle.

Un constat traverse toute l'enquête : la comorbidité est la règle. 62% des enfants présentent au moins 2 troubles simultanés, avec une moyenne de 2,6 troubles par enfant. Chez les adultes, 54% ont au moins 2 troubles (2,5 en moyenne). Les troubles les plus fréquents sont la dyslexie (72,7% des enfants, 63% des adultes), la dysorthographie (62,7% et 54,3%), le TDAH (38,1% et 35,9%), la dyspraxie (27,3% et 38%) et la dyscalculie (23,2% et 27,2%).

Des progrès réels entre deux générations

La comparaison entre les parcours des adultes d'aujourd'hui et ceux de leurs enfants révèle des avancées significatives dans le repérage des troubles dys en France.

L'âge moyen du premier diagnostic est passé de 8,5 ans pour les adultes actuels à 7,4 ans pour les enfants. Plus parlant encore : 76% des enfants sont désormais diagnostiqués avant 9 ans, contre seulement 42% des adultes à leur époque. Parmi les adultes interrogés, 30% n'ont été diagnostiqués qu'après 20 ans, et 6% n'ont jamais reçu de diagnostic formel.

L'accès à une prise en charge s'est également amélioré. 39% des adultes n'ont jamais bénéficié d'aucun accompagnement pour leurs troubles. Ce chiffre tombe à 11% pour les enfants d'aujourd'hui.

Un système qui reste sous tension

Malgré ces progrès, l'enquête révèle un système de santé et d'éducation toujours saturé. Parmi les enfants ayant dû attendre avant d'être pris en charge, 51% patientent plus d'un an après le diagnostic. Ce chiffre était de 67% pour les adultes, mais il reste préoccupant quand on sait que l'intervention précoce est déterminante.

L'insatisfaction, elle, reste stable entre générations : 58,3% des parents jugent la prise en charge de leur enfant insuffisante, contre 59,3% des adultes concernant leur propre parcours. Cette constance suggère que le problème dépasse la simple question de l'accès aux soins.

Les verbatims des répondants identifient quatre obstacles principaux : la méconnaissance des troubles par les enseignants et l'application inégale des aménagements selon les établissements ; le coût financier élevé des bilans et rééducations non remboursés (ergothérapeute, neuropsychologue, matériel adapté) ; les délais d'attente excessifs (jusqu'à 20 mois pour un orthophoniste) ; la complexité et la lenteur des démarches MDPH (6 mois de traitement mentionnés).

Impact sur la scolarité : des difficultés persistantes

93,6% des familles d'enfants et 95% des adultes ayant eu une prise en charge insuffisante, tardive ou absente observent des conséquences négatives sur la scolarité.

Le premier impact est la persistance des difficultés d'apprentissage : 84,8% des enfants et 72,1% des adultes concernés rapportent ce problème. Mais les répercussions vont bien au-delà.

Chez les enfants, 19,6% ont subi du harcèlement scolaire, 16,5% ont redoublé, 16,4% ont décroché. Chez les adultes, le bilan est plus lourd encore : 54,4% ont redoublé, 44,2% estiment que leur niveau d'études est inférieur à leurs capacités réelles, 38,8% ont été victimes de harcèlement scolaire, 29,3% ont subi une orientation non choisie, et 21,8% ont abandonné leurs études.

Santé mentale : des chiffres alarmants

94% des familles d'enfants et 96% des adultes concernés par un défaut de prise en charge font le lien avec des conséquences sur le bien-être et la santé mentale.

Chez les enfants, 80,7% présentent une perte de confiance en soi, 62% une démotivation scolaire, 61,2% de l'anxiété. Les troubles du sommeil touchent 30,6% d'entre eux, l'isolement social 20,5%. Plus grave, 9,7% présentent une dépression et 8,1% des pensées suicidaires.

Pour mettre ces chiffres en perspective : selon l'OMS, 5% des adolescents de la population générale souffrent d'un trouble anxieux diagnostiqué. Chez les enfants dys mal pris en charge de cette enquête, l'anxiété touche 61,2% des répondants.

Chez les adultes, les séquelles sont durables. 87% rapportent une perte de confiance en soi persistante, 76,9% de l'anxiété, 54,4% des troubles du sommeil, 53,1% un stress chronique. 45,6% ont connu une dépression, 29,9% un burn-out. 27,2% rapportent avoir eu des pensées suicidaires, et 21,1% des addictions.

Vie professionnelle : un handicap invisible au travail

82% des adultes ayant eu une prise en charge insuffisante observent des répercussions sur leur insertion professionnelle.

La première difficulté citée concerne les relations : 51% rapportent des problèmes avec leurs collègues ou leur hiérarchie. 45,6% éprouvent des difficultés d'adaptation à leur poste de travail, 41,5% peinent à trouver un emploi. 38,1% occupent des postes inférieurs à leurs compétences réelles, 34% changent fréquemment d'emploi, 30,6% ont connu des périodes prolongées de chômage.

Les témoignages illustrent ces chiffres : "Je ne peux pas progresser au sein de mon entreprise car je ne me fais pas confiance", confie un répondant. Un autre explique : "Dans mes choix d'orientation, je me censurais automatiquement sur les parcours avec plus de chiffres. Je me suis mise dans une case toute seule."

Vie sociale : estime de soi et isolement

95% des adultes concernés par un défaut de prise en charge observent un impact sur leur vie sociale et personnelle.

L'estime de soi est touchée dans 87,8% des cas. 64,6% rapportent des difficultés relationnelles, 57,8% ont renoncé à certaines activités. L'impact sur la vie familiale est mentionné par 51,7% des répondants, et l'isolement social par 49,7%.

Ce que change une prise en charge adaptée

L'enquête mesure également les bénéfices observés quand la prise en charge est immédiate et jugée suffisante.

67,6% des familles d'enfants et 69,7% des adultes dans cette situation observent une atténuation des difficultés d'apprentissage. 43,2% des enfants et 42,4% des adultes constatent une amélioration de la confiance en soi. Les résultats scolaires s'améliorent pour 40,5% des enfants et 42,4% des adultes. La santé mentale progresse pour 18,9% des enfants et 21,2% des adultes.

Dispositifs scolaires : des inégalités persistantes

L'enquête révèle un écart majeur entre générations dans l'accès aux dispositifs d'accompagnement scolaire.

Aujourd'hui, 50,2% des enfants dys bénéficient d'un PAP (plan d'accompagnement personnalisé), 28,7% d'un PPS (projet personnalisé de scolarisation), 11,6% n'ont aucun dispositif.

À leur époque, 69% des adultes n'avaient aucun dispositif formel. Seuls 16,3% avaient un PAP, 13,6% un PPS.

Une perte de chance qui se mesure, des leviers d'action identifiés

Cette enquête documente pour la première fois l'ampleur des conséquences d'une prise en charge insuffisante des troubles dys en France. Les chiffres sont sans ambiguïté : quand l'accompagnement fait défaut, plus de 9 personnes sur 10 en subissent les répercussions sur leur scolarité et leur santé mentale. Pour les adultes, ces effets se prolongent dans la vie professionnelle et sociale, avec des impacts mesurables sur l'emploi, les relations et l'estime de soi.

La comparaison entre générations montre que la situation s'améliore : diagnostic plus précoce, meilleur accès aux dispositifs scolaires, réduction du nombre d'enfants sans aucune prise en charge. Mais l'insatisfaction reste stable à près de 60%, signe que les obstacles sont structurels : pénurie de professionnels, délais d'attente, coût des soins non remboursés, formation insuffisante des enseignants, complexité administrative.

Les bénéfices d'une prise en charge adaptée sont pourtant démontrés par cette même enquête : atténuation des difficultés d'apprentissage, amélioration de la confiance en soi et des résultats scolaires. L'enjeu n'est plus de prouver l'utilité de l'intervention précoce, mais de la rendre accessible à tous.

Source : Enquête "Les conséquences d'une prise en charge insuffisante des troubles dys", FFDys & Poppins, octobre 2025. Échantillon : 1 084 répondants (900 familles d'enfants dys, 184 adultes dys). Télécharger les résultats complets

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