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Dysphasie chez l’enfant : quand le langage résiste
Dysphasie chez l’enfant : quand le langage résiste
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La dysphasie chez l'enfant, ou le trouble développemental du langage : compréhension, symptômes et solutions efficaces.
Parler, comprendre, raconter sa journée, poser une question sont des actions simples pour la plupart des enfants. Le langage oral se construit naturellement, au cours des échanges avec les parents, la famille, les enfants et à l’école. Pour d’autres, ces compétences sont fragiles, malgré une forte envie de communiquer et une intelligence préservée. C’est le cas de la dysphasie ou trouble développemental du langage. La dysphasie concerne de 1 à 2 % de la population. Elle est souvent mal connue et confondue avec un retard de langage ou minimisée par l’entourage. Cet article vous propose un éclairage sur ce trouble du langage chez l’enfant, de sa compréhension aux solutions efficaces à mettre en place.
Le développement du langage n’est pas linéaire. Certains jeunes parlent tôt, d’autres plus tard. Certains rencontrent des difficultés passagères, tandis que d’autres présentent des troubles qui s’inscrivent dans le temps. Pendant longtemps, on distinguait ce que l’on appelait un « retard simple » de langage et la dysphasie. Aujourd’hui, la recherche scientifique a fait évoluer cette terminologie.
En 2017, un consensus international (CATALISE) a permis d’harmoniser les termes utilisés par les chercheurs et les professionnels. On parle désormais davantage de trouble développemental du langage (TDL) et de trouble des sons de la parole. On considère que les difficultés de langage s’inscrivent sur un continuum plutôt que dans des catégories strictement opposées.
La dysphasie correspond aujourd’hui à ce que l’on nomme le trouble développemental du langage (TDL). Il s’agit d’un trouble du neurodéveloppement, présent dès la naissance, qui affecte durablement la compréhension et/ou l’expression du langage. Ses causes sont multifactorielles et, généralement, on observe des formes héréditaires dans ce trouble dys.
L’enfant présentant un TDL a une intelligence dans la norme. Ses difficultés concernent spécifiquement le langage :
Contrairement à un trouble du spectre de l’autisme, une jeune avec un TDL manifeste une forte envie de communiquer. Il peut d’ailleurs contourner ses difficultés en utilisant des gestes, des mimiques ou des dessins pour se faire comprendre.
Aujourd’hui, les professionnels savent repérer certains indicateurs précoces. Avant 2 ans, l’absence de combinaison de deux mots (par exemple « papa parti ») peut alerter. Après 2 ans, lorsque plusieurs composantes du langage sont touchées (compréhension, expression, articulation) le risque d’un trouble développemental du langage est plus important. Si les difficultés persistent au-delà de 5 ans, le diagnostic est généralement confirmé.
Ce que l’on appelait autrefois « le retard de parole » et « les troubles articulatoires » sont aujourd’hui regroupés sous le terme de trouble des sons de la parole. Ils concernent principalement la production des sons. L’enfant peut déformer, remplacer ou supprimer certains phonèmes :
Dans certains cas, ces difficultés relèvent d’un trouble moteur spécifique, comme la dyspraxie verbale ou trouble du développement de la parole. Ici, l’enfant peine à coordonner les mouvements nécessaires à la parole (langue, lèvres, mâchoire, cordes vocales, palais). Contrairement au TDL, la dyspraxie verbale est avant tout un trouble moteur.
Les troubles de la communication regroupent des difficultés qui touchent le langage, la parole, la fluidité des échanges et la manière d’interagir avec les autres. Ils apparaissent dès la petite enfance et peuvent avoir un impact sur les relations sociales, les apprentissages et le quotidien de l’enfant. Ils regroupent le trouble de la phonation, les troubles de la communication sociale et le trouble de la fluidité verbale, appelé couramment bégaiement.
Le bégaiement affecte la fluidité de parole. Des sons ou des syllabes sont répétés ou mettent du temps à être prononcés, rendant l’expression hachée. Il touche essentiellement les garçons, sans exclure les filles. Le bégaiement est un motif de consultation prioritaire chez l’orthophoniste, une prise en charge précoce favorisant le plus souvent une évolution positive. Il fait l’objet d’une consultation à partir de 3 ans.
Il arrive aussi qu’un enfant parle peu ou tard parce qu’il a été moins exposé au langage : environnement peu stimulant, contexte socio-économique particulier. Dans ces cas, on observe un décalage qui peut rapidement se résorber lorsque l’enfant évolue dans un environnement riche en interactions verbales.
Ce type de situation ne correspond pas à un trouble développemental du langage. La distinction est essentielle : elle évite d’attendre trop longtemps en pensant à un simple retard, mais elle évite aussi d’inquiéter inutilement lorsque le langage peut se mettre en place rapidement. Dès le moindre doute, les parents peuvent se rapprocher d’un professionnel, comme une orthophoniste, pour poser les bases d’un diagnostic clair et structurant. Les détails observés lors de la petite enfance peuvent être prédictifs d’un trouble du neurodéveloppement.
Parfois, les difficultés de langage apparaissent dans le cadre d’une autre condition médicale ou génétique, comme une trisomie ou une pathologie neurologique identifiée. Dans ces situations, on parle de trouble du langage associé à une condition biomédicale, et non de trouble développemental du langage isolé.
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Le trouble développemental du langage se manifeste de diverses façons chez l’enfant. Chaque forme a une influence différente sur son quotidien, à la maison comme à l’école.
La littérature scientifique ne parle plus aujourd’hui de classifications du TDL, mais de dominante. Il est maintenant plus juste d’évoquer :
La forme expressive de la dysphasie est la plus visible, puisque l’enfant cherche ses mots ou fait des erreurs dans la construction de ses phrases. La forme réceptive est plus sournoise, car ici, il comprend mal le langage, il confond des concepts et passe à côté de certains éléments, à l’oral comme à l’écrit.
L’enfant n’a ni déficit intellectuel (bonne logique de raisonnement) ni déficit sensoriel, tel un trouble auditif. Puisque la dysphasie touche le langage, elle a des effets dans tous les temps de sa vie : à la maison, à l’école, avec ses camarades.
Le trouble développemental du langage fait partie, avec la dyspraxie ou encore la dyscalculie, des troubles dys les moins bien identifiés. Le jeune passe généralement pour un « étourdi » alors qu’il manifeste simplement des signes d’un trouble du neurodéveloppement.
La dysphasie peut être repérée au cours de l’école maternelle, soit vers 4-5 ans. Mais dans les faits, le diagnostic est plus tardif, car le comportement de l’enfant dysphasique est couramment mal interprété. Il devrait « s’appliquer », être « plus attentif » ou arrêter de « dire n’importe quoi ». Alors que pour lui, c’est comme si le langage prenait un chemin de traverse dont la destination n’est pas celle attendue.
Nous l’avons vu, un jeune présentant un TDL exprime une forte envie de communiquer malgré ses difficultés. Pour cette raison, il recourt souvent aux gestes pour accompagner sa parole. Il utilise aussi des termes génériques ou mots passe-partout (les pantonymes) parce qu’il ne trouve pas le mot juste pour exprimer sa pensée (chose, truc, machin). Il passe fréquemment par des périphrases pour exprimer ses idées. Certaines consignes ont peu de sens pour lui et ce qui ressemble à de la désobéissance n’est alors qu’un signe de plus de sa dysphasie.
Dès que le débit de parole s’accélère, qu’il y a des bruits ambiants ou trop d’informations à traiter, sa compréhension sature. Il souffre également d’un manque de concept d’abstraction, ce qui crée des difficultés pour :
Un enfant présentant une dysphasie rencontre couramment des troubles associés. On parle alors de situation de multidys, pouvant se combiner avec un TDAH, une dyslexie, une dyscalculie, une dysorthographie ou une dyspraxie.
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L’accompagnement d’une personne dysphasique repose avant tout sur un suivi par des professionnels de santé. Mais il s’appuie également sur des adaptations scolaires et familiales et sur un soutien attentif de la confiance et de l’estime de soi.
L’orthophoniste est la professionnelle de référence du parcours de santé de l’enfant dys pour évaluer, diagnostiquer et accompagner les troubles du langage. Elle intervient dès les premières inquiétudes exprimées par les parents ou les enseignants. Elle s’appuie sur des observations fines dans différentes situations de communication.
Lors du bilan orthophonique, la professionnelle analyse les compétences de compréhension et d’expression orale, la phonologie, la syntaxe et le lexique. Elle détermine si les difficultés relèvent d’un trouble simple du langage ou d’un trouble développemental du langage. Ce bilan permet aussi d’écarter d’autres causes possibles et d’orienter, si nécessaire, vers des examens ou un suivi complémentaires (psychologue, psychomotricien).
Lorsque le diagnostic de dysphasie est posé, l’orthophoniste met en place un suivi adapté aux besoins spécifiques de l’enfant. Il vise à :
Un repérage et une prise en charge précoces facilitent le parcours de rééducation et limitent les répercussions du trouble sur les apprentissages scolaires et la vie sociale.
Lorsque le TDL est sévère ou associé à d’autres troubles du neurodéveloppement, l’intervention d’une structure d’accompagnement des troubles dys peut être nécessaire. Après un premier diagnostic, l’enfant est orienté vers un centre référent des troubles du langage et des apprentissages (CRTLA).
Le CRTLA intervient comme un centre expert de niveau 3 et s’intègre dans le parcours de santé des enfants avec un trouble spécifique du langage et des apprentissages (TSLA). Il ne se substitue pas au suivi orthophonique. Il propose une approche pluridisciplinaire qui affine le diagnostic, évalue la sévérité du trouble et formule des recommandations adaptées. L’enfant est alors pris en charge par une équipe composée de médecins, d’orthophonistes, de psychologues, de psychomotriciens et d’ergothérapeutes.
Cette coordination des professionnels permet d’ajuster le parcours de soins. Elle répond à la complexité du trouble en présentant des orientations cohérentes pour la suite de la rééducation, notamment à l’école et dans le cadre des démarches administratives.
La dysphasie nécessite des aides et des adaptations dans la plupart des situations de vie de l’enfant, à l’école comme à la maison. En complément de la rééducation orthophonique, ces ajustements simples rendent les interactions plus fluides et réduisent la fatigue cognitive.
Pour capter l’attention de l’enfant dysphasique, il est préférable de s’adresser directement à lui en l’interpelant par son prénom et en établissant un contact visuel. L’utilisation de phrases simples, sans être simplistes, l’aide à isoler les informations importantes (une idée à la fois, une structure aérée avec des pauses). Les discours imbriqués sont à éviter. Des reformulations régulières facilitent l’appropriation du message.
Le débit de parole doit être, lui aussi, ajusté : trop rapide, il entraîne une perte d’information ; trop lent, une perte d’attention. Dans certains cas, l’association de paroles et de signes, comme le programme Makaton, offre un appui intéressant à la communication. L’Association avenir dysphasie (AAD-France) partage des ressources sur cette méthode ainsi qu’une écoute attentive des familles.
La mémoire de travail verbale étant très faible, les consignes orales ou écrites sont rapidement source de situations de double tâche cognitive. Elles sollicitent à la fois la réception du message et les fonctions exécutives, comme l’inhibition ou la planification, souvent fragilisées. À l’école ou à la maison, il est donc préférable de fractionner les consignes en étapes et de prendre appui sur des visuels pour soutenir la compréhension (pictogrammes, dessins, schémas). Utiliser un support écrit en surlignant les tâches (code couleur) allège également la charge et facilite l’accessibilité.
Estelle Gillet-Perret est orthophoniste et illustratrice au CRTLA de Grenoble. Elle utilise l’illustration pour contourner les difficultés du langage oral et permettre à l’enfant de clarifier des notions parfois complexes. La facilitation graphique est un formidable outil qui profite aux dysphasiques en classe et en famille.
Enfin, communiquer, c’est entrer en relation avec l’autre. Il est important d’apprendre à l’enfant à exprimer ses difficultés et son besoin de reformulation. Les jeunes dysphasiques sont fréquemment confrontés à des situations d’incompréhension sans toujours pouvoir les verbaliser. Des repères clairs et sécurisants permettent de fluidifier les échanges, de renforcer sa confiance et de soutenir l’estime de soi.
La dysphasie ou trouble développemental du langage est un trouble durable qui touche la compréhension ou l’expression orale, sans lien avec l’intelligence de l’enfant. Elle est souvent méconnue et confondue avec un simple retard de langage. Si elle n’est pas repérée et accompagnée, elle a pourtant des répercussions importantes sur les apprentissages scolaires, la vie sociale et l’estime de soi. Sa prise en charge nécessite une approche globale associant rééducation, coordination des professionnels et adaptations à l’école comme à la maison. Un accompagnement et un soutien émotionnel sont généralement nécessaires pour sécuriser l’environnement et faciliter la communication. Reconnaître leurs difficultés permet aux enfants dysphasiques de développer leur potentiel en leur donnant les moyens d’exprimer autrement ce qu’ils ont à dire.
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