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Déficit de l’empan visuo-attentionnel : comprendre et rééduquer
Déficit de l’empan visuo-attentionnel : comprendre et rééduquer
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Comprendre et accompagner le déficit d'empan visuo-attentionnel chez l'enfant dyslexique pour améliorer sa lecture.
Si vous soupçonnez une dyslexie chez votre enfant, vous pensez sans doute à des confusions de lettres ou à des sons mal perçus. C’est souvent le cas : la dyslexie phonologique est la forme la plus connue. Mais ce trouble spécifique du langage écrit peut aussi concerner l’association entre les lettres et les sons avec le déficit intermodalitaire, ou l’attention visuelle avec le déficit de l’empan visuo-attentionnel. Moins connu, ce dernier peut pourtant freiner l’apprentissage de la lecture, et même de l’écriture. Il perturbe la vision et nuit à la compréhension. Mais comment se manifeste-t-il exactement ? Comment le repérer et aider votre enfant dys au quotidien ?
Le trouble de l’empan visuo-attentionnel (EVA) a été véritablement décrit dans les années 2000, notamment dans les travaux de Sylviane Valdois. Jusqu’alors, c’est le déficit phonologique qui expliquait les causes de la dyslexie. Mais ses recherches mettent en évidence que certains enfants dyslexiques ont une réelle difficulté pour traiter les éléments visuels.
La lecture fait appel à différentes compétences et stratégies. Il y a, bien entendu, la perception et la discrimination des sons (la phonologie), l’association des sons aux lettres (correspondances grapho-phonologiques), mais l’attention visuelle est également une composante clé de la lecture.
L’empan visuel définit le nombre d’éléments que le regard peut traiter simultanément sans bouger les yeux. Il concerne aussi bien les composantes dans un paysage, une scène, qu’une séquence de lettres.
L’attention est la capacité à observer consciemment une situation. En lecture, elle permet de se focaliser sur l’identification des lettres et leur combinaison. Elle mobilise les compétences acquises pour déchiffrer et pour comprendre ce qui est lu.
Un trouble de l’EVA se caractérise par une difficulté à analyser simultanément plusieurs éléments (signes, lettres du mot, phrase, lignes). Les séquences de lettres font l’objet d’un traitement partiel et variable avec des erreurs de lecture et un décodage laborieux.
On confond souvent ces deux notions, car elles sont proches. Pourtant, elles renvoient à deux fonctions différentes.
C’est la quantité d’informations que l’œil peut percevoir en une seule fixation (objets, symboles, mots…). Il s’agit d’un phénomène purement sensoriel. Par exemple, en regardant rapidement une ligne de texte, nous captons un certain nombre de lettres ou de mots, même si nous ne les « lisons » pas encore. C’est une perception brute.
L’empan visuo-attentionnel désigne la quantité d’informations que l’œil et cerveau peuvent sélectionner et traiter activement. C’est une mesure cognitive : ce n’est pas ce que l’œil voit, mais ce que l’attention visuelle traite efficacement.
Cette distinction est fondamentale, notamment chez l’enfant dyslexique. De faibles capacités visuo-attentionnelles entraînent des difficultés de lecture, de copie ou d’exploration de la page.
En lecture, l’EVA permet de capter et de traiter une séquence de lettres.
L’action est intentionnelle :
Pour un lecteur dans la norme, toutes ces actions se font naturellement, sans effort. Tout l’apprentissage vise justement à les automatiser pour améliorer la fluidité de lecture et la compréhension. Un élève de CP et de CE1 apprend à :
Ce développement est progressif et soutenu à l’école et à la maison. Tout comme la conscience phonologique, l’empan visuo-attentionnel est un prédicteur d’apprentissage de la lecture.
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La particularité des troubles dys est qu’ils touchent les apprentissages. Certains sont envahissants au quotidien, c’est le cas de la dyspraxie (le trouble de la coordination), de la dysphasie (trouble du langage oral) ou du trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). D’autres sont visibles dans les activités scolaires, comme la dyslexie ou la dysorthographie.
Pour un lecteur porteur de troubles spécifiques du langage écrit, tout ce processus est mis en difficulté dès les premières étapes. Sylviane Valdois et Franck Ramus sont directrice et directeur de recherche en sciences cognitives au CNRS. Leurs travaux permettent de mieux comprendre le rôle de l’attention visuelle en lecture. Lorsqu’elle est défaillante, l’enfant dyslexique va :
La visibilité des lettres et des mots est dégradée, l’enfant fournit d’importants efforts pour déployer son attention et gérer les interférences latérales. Il finit par s’épuiser sur la tâche.
Par ailleurs, cette lenteur a une double conséquence : elle surcharge sa mémoire de travail. Il se concentre sur le déchiffrage et sur un point de fixation. Il n’a plus suffisamment de réserves cognitives disponibles pour retenir et comprendre ce qu’il a décodé.
Dans près de 40 % des cas, les troubles du neurodéveloppement sont associés, on parle de troubles multidys. Un jeune dyslexique avec un déficit de l’EVA peut rencontrer des difficultés qui dépassent la lecture.
Par exemple, Sylviane Valdois suggère qu’un trouble de l’EVA influence l’apprentissage de l’orthographe lexicale. Pour la chercheuse en sciences cognitives, il perturbe la capacité à se former une représentation mentale de la forme des mots. Le manque de stabilité visuelle empêche la mémorisation, notamment lors de la lecture des mots irréguliers. Même si leur écriture est phonologiquement correcte, les fautes d’orthographe sont atypiques (exemple : le mot « cirque » peut être écrit « sirc », « haricot » devient « ariqo »). Les enfants touchés ne prennent pas en compte le contexte, puisqu’ils ne peuvent pas traiter simultanément une séquence de lettres.
Cette défaillance visuelle se retrouve également dans la dyspraxie visuo-spatiale. En plus d’un manque d’automatisation des gestes, la coordination visuo-motrice et l’organisation dans l’espace sont touchées. L’incapacité à contrôler les mouvements des yeux a une incidence directe sur la lecture. L’enfant ne parvient pas à suivre une ligne et plus largement à s’orienter dans l’espace d’une feuille. Par exemple, se repérer sur un quadrillage, recopier un texte écrit sur le tableau (passage d’un plan vertical à un plan horizontal) devient compliqué, voire impossible.
Ces défaillances visuelles s’associent parfois avec le TDAH. Un enfant porteur d’un trouble de l’attention est facilement distrait, il a une forte tendance à l’impulsivité et à l’hyperactivité motrice. L’incapacité à maintenir un effort ou à soutenir son attention peut se combiner à un trouble visuo-spatial. Il éprouve des difficultés pour sélectionner les informations, gérer les distracteurs et les interférences latérales (lettres, illustrations). Comme l’attention est déjà fortement perturbée, elle peut se conjuguer avec une insuffisance visuelle.
Une observation fine permet de rester en alerte sur ses difficultés et ses besoins.
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Que le trouble spécifique du langage écrit soit isolé ou associé à un autre, un diagnostic et une rééducation doivent prendre le relais du repérage.
Les troubles du neurodéveloppement sont très souvent repérés à l’école et notamment en CP ou CE1, lorsque l’apprentissage de la lecture se formalise. Il arrive que les premiers signes de dyslexie soient observés en maternelle. À l’inverse, ils sont parfois visibles tardivement, parce que l’élève a habilement compensé son trouble.
Dès que les difficultés constatées résistent aux adaptations en classe, un bilan devient indispensable. Les orthophonistes et les neuropsychologues sont en mesure d’établir ce diagnostic. Ils mettent en évidence les spécificités du trouble et ils définissent la nature de l’accompagnement. La rééducation se base sur un travail non-verbal (des images) puis verbal (des lettres). Les éléments sont :
Ces entraînements sont réalisés avec l’orthophoniste, mais aussi à la maison. Ils complètent les aménagements en classe.
Les troubles dys sont neurodéveloppementaux, ils sont donc présents tout le long de la vie. En plus d’un suivi orthophonique approprié aux besoins de l’enfant dyslexique, les adaptations pédagogiques sont indispensables. Elles participent au bon déroulement de sa scolarité et à la préservation de son estime de soi.
Parmi les techniques et méthodes utilisées, on retrouve notamment :
Il n’y a pas d’adaptation idéale, mais des solutions pour chacun. Et non seulement elles peuvent varier d’un élève à l’autre, mais elles évoluent en fonction de leurs capacités et de leur progression.
Les innovations technologiques facilitent grandement la vie des dys. Elles simplifient l’adaptation des supports écrits et limitent les tâches sources de difficultés.
Que les outils soient numériques ou matériels, ils sont à tester pour trouver celui qui répond le mieux aux besoins. Rien n’est figé, tout bouge et tant mieux, c’est le signe que l’enfant progresse malgré son trouble.
Le déficit de l’empan visuo-attentionnel désigne une forme de dyslexie encore méconnue. Il touche une part non négligeable des dys et ne se limite pas aux seuls troubles spécifiques du langage écrit. On le retrouve aussi dans certains profils dyspraxiques ou avec un TDAH. Mieux le repérer, c’est mieux accompagner l’enfant dyslexique en classe, en rééducation et au quotidien. La bonne nouvelle ? La recherche montre que des entraînements ciblés et réguliers peuvent renforcer les circuits neuronaux concernés. Les adaptations scolaires soutiennent les progrès en lecture… et les progrès fortifient la confiance en soi de votre enfant dys.
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